3. Communisme et monachisme
Pour attester leur loyalisme et leur fidélité aux sources du christianisme et simultanément pour contester les formes ecclésiastiques, devenues traditionnelles, de coexistence ou de compromis avec les sociétés établies, les monachismes ne cessent de réactiver ce modèle constant de la vie religieuse parfaite, en inventant des variables, qui peuvent aller de la communauté de solitaires à la communauté de cénobites. Dans ce dernier cas, la vie en commun est parfois poussée à la limite : promiscuité perpétuelle dans un silence perpétuel.
Plus tard, au Moyen Âge, cette proscription de toute appropriation, unie à la prescription du travail, prendra la forme radicale adoptée et défendue désespérément par François d'Assise et ses disciples « littéralistes ». La querelle entre ceux-ci et les « glossateurs » résidait, en effet, dans la revendication des premiers à ne vouloir posséder ni en propre ni en commun. Leur éviction conduira un certain nombre d'entre eux à se joindre à des révoltes sociales. Dans le courant joachimite, cette révolte socio-religieuse donnera au communisme ainsi revendiqué l'allure d'une prophétie annonçant un inéluctable et imminent « troisième âge » de l'humanité : l'âge de l'Esprit, qui serait aussi l'âge d'un monachisme universel.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 4 pages…



