En Méditerranée orientale, l'île de Chypre a souvent reçu, dès l'aube du Néolithique, habitants, techniques et croyances en provenance des côtes toutes proches du Levant. Mais la langue grecque adoptée et conservée depuis plus de trois millénaires l'a ancrée dans l'espace culturel hellénique où elle demeure, malgré quatre siècles de présence latine puis vénitienne, après l'échec des croisades en Terre sainte, suivis de trois siècles d'incorporation à l'Empire ottoman et de quatre-vingts ans de colonisation britannique. Indépendante depuis 1960, la République de Chypre, où les indicateurs économiques et socio-culturels sont bien supérieurs à ceux du voisinage, appartient depuis 2004 à l'Union européenne : elle est son élément le plus avancé au sud-est, elle sert de point d'appui à ses échanges commerciaux avec le Proche-Orient et ajoute à ses attraits touristiques. Mais la vieille « question de Chypre » n'a pas été résolue. D'une part, ses institutions, nées des traités qui permirent son indépendance, partageaient mal les responsabilités entre les deux groupes de population mal accordés qui l'habitent, majorité grecque et minorité turque ; d'autre part, Grande-Bretagne, Grèce et Turquie gardaient un droit de regard sur l'île. Enfin, l'autorité de la République de Chypre ne s'exerce plus sur l'ensemble de son territoire : son tiers nord est occupé depuis 1974 par des troupes de Turquie, laquelle ne reconnaît pas la République de Chypre mais aspire à être admise dans l'Union européenne.
L'île relevait de l'Empire ottoman quand les Grecs révoltés commencèrent d'en sortir en 1821 ; la plupart de ses habitants, grécophones et chrétiens orthodoxes, aspirèrent dès lors à leur réunion à la Grèce, les autres, venus de Turquie ou convertis à l'islam, inclinant à une partition. L'administration de l'île par Londres à partir de 1878 fit qu'un conflit de type colonial, avec un épisode de guérilla ouverte menée par des nationalistes grecs chypriotes en 1955-1959, se superposa au différend régional qui opp […]
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