Le siècle du peintre Théodore Chassériau a souvent lu dans son œuvre multiple la conciliation de tendances opposées. Élève d'Ingres, l'artiste aurait associé la couleur de Delacroix au dessin de son maître. Certains pourtant, comme Théophile Gautier, exégète fidèle et avisé, avaient saisi la singularité d'une sensibilité personnelle, ouverte aux « poètes de ces derniers temps » et proche des figures du Paris moderne, comme Lacordaire ou Tocqueville. Autour de la rétrospective consacrée à Chassériau en 2002, au Grand Palais à Paris, au musée des Beaux-Arts de Strasbourg, puis au Metropolitan Museum de New York, de nouvelles problématiques ont remodelé son image. Dans la perspective d'œuvres qu'il a fécondées, comme celle de Gustave Moreau, Chassériau paraît, au cœur de tensions esthétiques, le sourcier des ambiguïtés de son temps.
Né en 1819 à Saint-Domingue, où il vit jusqu'à l'âge de trois ans, Chassériau, talent précoce, entre dès 1830 dans l'atelier d'Ingres. Il restera profondément marqué par cet enseignement, dans sa maîtrise du dessin, dans l'importance accordée aux portraits, dans la pratique de la peinture monumentale, ou dans l'esprit de certaines compositions même tardives (La Défense des Gaules, 1855). L'artiste s'ouvre aussi, durant les années 1830, à la bohème romantique du Doyenné, où se retrouvent l'orientaliste Prosper Marilhat, dont il fera le portrait, Nerval ou Gautier. Le voyage de quelques mois que Chassériau effectue en Italie (1840-1841), bien connu par ses dessins, confirme la déférence vouée aux grands exemples, tout en forgeant son émancipation, à l'écart du cursus officiel puisqu'il n'a pas concouru pour le prix de Rome. La carrière du peintre est alors régie par la vie du Salon, au moment où ces expositions offrent régulièrement, au regard du public et de la critique, une galerie de l'art contemporain. Conscient « qu'un tableau qu'on expose se détache des autres pour l'originalité de son aspect », proche du monde du théâtre, l'artiste prépare ses effets, comme Esther se parant pour Assuérus, dans le tableau fame […]
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Autres références
« CHASSÉRIAU THÉODORE (1819-1856) » est également traité dans :
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THÉODORE CHASSÉRIAU (C. Peltre)
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Barthélémy JOBERT
Beaucoup reste encore à redécouvrir ou à interpréter dans la peinture française de la première moitié du xixe siècle. C'est dire l'intérêt de la publication d'une monographie consacrée à Théodore Chassériau (Théodore Chassériau, Gallimard, Paris, 2001), écrite par Christine Peltre, professeur à l'université de…
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INGRES JEAN AUGUSTE DOMINIQUE (1780-1867)
Écrit par :
Jean LACAMBRE
Dans le chapitre "Le rayonnement d'un maître"
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1838 ; Victor Mottez (1809-1897) ; Henri Lehmann (1814-1882) ; Pierre-Auguste Pichon (1805-1900) ; *Théodore Chassériau (1819-1856), ingriste dans sa jeunesse, mais que devait enthousiasmer plus tard l'art de Delacroix. Le groupe le plus cohérent est celui des artistes lyonnais : les deux frères Flandrin, Hippolyte (1809-1864) et Paul (1811-1902),…
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MOREAU GUSTAVE (1826-1898)
Écrit par :
Pierre-Louis MATHIEU
Dans le chapitre "Un jeune peintre romantique"
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une formation toute classique, Moreau fut en même temps attiré par Eugène Delacroix et surtout par *Théodore Chassériau, élève préféré d'Ingres passé au romantisme, dont il fréquenta assidûment l'atelier à partir de 1850. Son premier envoi au Salon, en 1852, fut une Pietà qui s'inspire très visiblement du style de Chassériau. Les œuvres…
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ROMANTISME
Écrit par :
Henri PEYRE, Henri ZERNER
Dans le chapitre "Les sujets littéraires"
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pour un manifeste de la peinture romantique (musée des Beaux-Arts, Rouen), il faut attendre que *Théodore Chassériau (1819-1856) choisisse l'épisode final, Mazeppa exténué et presque mort recueilli en Pologne (1858, musée des Beaux-Arts, Strasbourg), pour que cette légende, l'une des plus populaires de Byron, trouve une expression plastique à la…
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Bibliographie
L. Bénédite, Théodore Chassériau, sa vie et son œuvre, manuscrit inédit publié par A. Dezarrois, 2 vol., éd. Braun, Paris, 1931
E. Brugerolle dir., Quand Moreau signait Chassériau, catal. expos., coll. Carnet d'études, no 3, École nationale supérieure des beaux-arts, Paris, 2005
Chassériau. Un autre romantisme, catalogue d'une exposition itinérante à Paris, Strasbourg et New York, textes de S. Guégan, V. Pomarède, L.-A. Prat et al., Réunion des musées nationaux, Paris, 2002
Chassériau, 1819-1856. Un autre romantisme, actes du colloque organisé par le musée du Louvre le 16 mars 2002, établis par S. Guégan et L.-A. Prat, coll. Conférences et colloques, La Documentation française-Musée du Louvre, Paris, 2002
C. Peltre, Théodore Chassériau, coll. Monographies, Gallimard, Paris, 2001
L.-A. Prat, Dessins de Théodore Chassériau. Musée du Louvre. Cabinet des dessins. Inventaire général des dessins, école française, 2 vol., Éd. des musées nationaux, Paris, 1988
M. Sandoz, Théodore Chassériau, 1819-1856. Catalogue raisonné des peintures et estampes, Arts et métiers graphiques, Paris, 1974.
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