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MARILHAT PROSPER (1811-1847)

L'orientalisme français a été trop longtemps réduit à quelques noms (Delacroix et Chassériau presque exclusivement, Decamps pour mémoire, Fromentin, car on se souvient de l'auteur de Dominique) pour qu'on ne voie pas avec satisfaction l'intérêt se porter sur d'autres artistes : Marilhat bien sûr, mais aussi Adrien Dauzats (1804-1868), Adrien Guignet (1816-1854), Léon Belly (1827-1877), Narcisse Berchère (1819-1891) ne sont plus aujourd'hui des inconnus, en attendant que la curiosité des historiens se dirige vers des peintres plus avancés dans le siècle, de Guillaumet (1840-1887) à Dinet (1861-1929), et aux artistes des années 1930.

La vocation de Marilhat, jusqu'alors élève de Roqueplan, se décide avec le voyage de deux ans (1831-1833) qu'il accomplit en Grèce et au Moyen-Orient (Syrie, Liban, Palestine, Basse-Égypte et Haute-Égypte) comme dessinateur de l'expédition scientifique du baron de Hugel. Au Salon de 1834, la Place de l'Esbekieh (emplacement actuel inconnu) est saluée comme un chef-d'œuvre de vérisme par Théophile Gautier. Marilhat a sa réputation faite et ne cessera de puiser dans ses souvenirs et ses carnets de dessins.

Parmi les orientalistes, Marilhat est un des paysagistes les plus purs. Les hommes l'intéressent moins que la nature, et l'animation de ses tableaux est souvent réduite. Il n'est pas saisi comme Delacroix et Chassériau par la dignité des peuples qu'il découvre et la couleur de la vie ; étranger à la curiosité pittoresque de Dauzats ou érotique de Gérôme, il n'a pas non plus le lyrisme pictural de Decamps ou de Guignet. Parfaitement composées, ses œuvres vivent de la fidélité d'une description surtout soucieuse de rendre la luminosité de l'Orient.

Le peintre, du reste, est remarquablement complet et participe aux diverses tendances du paysage contemporain. La Scène pastorale du Salon de 1837 (Le Mans) est un essai dans le genre du paysage composé et classique ; la Vue de Villeneuve-lès-Avignon (Reims) peut légitimement passer pour un tableau de Corot, que Marilhat avait d'ailleurs accompagné en Provence en 1836. La série des paysages d'Auvergne, les vues de la Durolle près de Thiers (un site qui évoque Tivoli) appartiennent à la veine du paysage construit, tandis que des œuvres comme le Paysage du Berry ou le Crépuscule (lithographiés par Français) évoquent directement Rousseau, Dupré ou Troyon. Voilà qui rappelle combien le paysage français du xixe siècle est complexe et divers.

Bruno FOUCART

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ORIENTALISME, art et littérature

Écrit par :  Daniel-Henri PAGEAUXChristine PELTRE

…  bien sa nature dans Le Supplice des crochets (1837, Wallace Collection, Londres). Prosper *Marilhat (1811-1847) révèle l'Égypte à Théophile Gautier en exposant en 1834 une vue du Caire, La Place de l'Esbékieh (non localisé aujourd'hui) où un « monstrueux caroubier » témoigne d'une « exubérance de végétation » absolument inédite… Lire la suite

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