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CHARI-LOGONE

Ce sont les deux principaux fleuves qui alimentent le lac Tchad. Le Chari prend sa source en République centrafricaine et arrose le Tchad. Il est formé d'une série de petites rivières : le Bamingui (où se trouve sa véritable source), le Gribingui, l'Ouham, ou Bạhr Sara, qui apporte le plus d'eau au Chari, le Bạhr Aouk, le Bạhr Kéita, le Bạhr Salamat, qui rejoignent le Chari à Sarh (ex-Fort-Archambault) ; leurs eaux se mélangent dans une grande plaine d'inondation. Après les rapides Gay, près de Niellim, le Chari est un fleuve puissant, aux eaux lentes. La longueur du Chari entre Sarh et N'Djamena (ex-Fort-Lamy) est de 1 398 kilomètres (son bassin couvre 650 000 km2).

Le Logone prend sa source dans les monts Mbang, massif de l'Adamaoua. Son lit acquiert très vite une pente très faible, si bien qu'en période de crue, en aval de Laï, une partie des eaux se déverse dans les marais toupouri, que draine le Mayo Kebbi, affluent de la Bénoué.

Les deux fleuves coulent parallèlement sur plusieurs centaines de kilomètres et s'unissent à N'Djamena. Les deux plaines d'inondation sont unies par le Ba Illi. Ils se jettent dans le lac Tchad par un delta qui progresse lentement. Le débit d'étiage est de 180 mètres cubes par seconde et celui des hautes eaux (de mi-juin à fin septembre) de 3 400 mètres cubes par seconde.

La navigation est possible en saison humide jusqu'à Baibokoum sur le Logone occidental, Goré sur le Logone oriental, Batangafo sur l'Ouham, Irena sur le Gribingui.

Le Chari et le Logone, dans leurs cours inférieurs, coulent entre de bas plateaux, accidentés de vallées plates facilement inondées et de petites mesas à corniches latéritiques. Ces fleuves traversent les zones soudanienne et sahélienne. La saison sèche est longue et sévère (Tikem : seulement 818 millimètres de pluie par an) : elle dure d'octobre à avril.

La population est dense dans les vallées fluviales alors que la zone entre le Chari et le Logone est à peu près vide. La population se concentre à l'ouest du Logone et délaisse l'est. Les Kotoko, les Boudouma, les Massa s'adonnent à la pêche avec les instruments traditionnels et vendent le poisson séché, salé, fumé dans les villes et au Nigeria. Les Sara sont d'excellents paysans, spécialistes de la culture sur billons. Ils cultivent trois types de sorgho adaptés aux différentes zones du terroir : zone inondée cultivée avant et après la crue, zone non inondée cultivée pendant la crue. La culture du riz irrigué se répand. Depuis son introduction, en 1928, le coton est largement cultivé. L'arachide couvre également des surfaces importantes. Ces cultures donnent lieu à une activité industrielle : usines d'égrenage du coton, huileries (graines de coton et arachides), usines textiles, rizeries, brasseries installées à N'Djamena, à Sarh et à Moundou. Les Peul élèvent leur bétail dans la zone Chari-Baguirmi et produisent une quantité appréciable de viande.

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