État de l'ouest de l'Afrique, sur le golfe de Guinée, le Cameroun occupe une place particulière sur l'échiquier africain. Avec une superficie de 475 442 kilomètres carrés et une population de 16,32 millions d'habitants (2005), le pays a été un territoire sous mandat international à la fin de la Première Guerre mondiale puis sous tutelle française et britannique en 1946, avant d'accéder à l'indépendance, dans la violence, le 1er janvier 1960, sans toutefois être complètement réunifié (le nord du territoire occidental étant rattaché au Nigeria). La diversité humaine (plus de deux cents ethnies, coexistence du christianisme, de l'islam et de religions traditionnelles), linguistique (six grands groupes ethnolinguistiques, bilinguisme officiel français et anglais) et écologique (savane dans le nord, plateau forestier et plaine côtière dans le centre et le sud, montagnes à l'ouest) compose une véritable mosaïque et pose la question de l'existence d'une nation camerounaise. Alors que l'État postcolonial reconnaît le pluralisme politique, le président Ahmadou Ahidjo (1960-1982) instaure un parti monolithique, justifié par la nécessité de construire l'unité nationale. Le rétablissement du multipartisme sous Paul Biya (au pouvoir depuis 1982) ne se traduit pas par un retour du pluralisme et ne résout pas le problème de l'irrédentisme anglophone. Bénéficiant dès l'indépendance d'une relative prospérité, le Cameroun traverse depuis le milieu des années 1980 une crise économique dont il peine à sortir. La diplomatie du pays a une trajectoire analogue : marquée par une forte activité sous le président Ahidjo, elle a sombré, à partir de 1984, dans une léthargie qui pose la question de la place et du rôle de ce pays pivot en Afrique subsaharienne et sur le plan international.
1. Géographie
Situé à la charnière de l'Afrique occidentale et de l'Afrique centrale, le Cameroun est communément présenté comme une « Afrique en miniature ». Son nom vient des Portugais qui appelèrent camaroes (« cre […]
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