Sous le terme de Sara sont regroupées des populations extrêmement variées. Les plus nombreux sont les Gambaye, suivis par les Mbaye, les Goulaye et les Madjingate. Au total, les Sara sont estimés, au début du xxie siècle, à près de 2 millions. Ils peuplent l'extrême sud de la république du Tchad, c'est-à-dire les préfectures du Logone occidental, du Logone oriental et du Moyen-Chari. Il existe de nombreux autres groupes que l'on inclut parmi les Sara : les N'gama de Sarh (ex-Fort-Archambault), les Nar, les Daye, les No, les Kaba.
La société sara, essentiellement égalitaire, ne connaît pas d'autre autorité que celle du chef de famille. Il existe un chef de terre et un chef de l'eau dans chaque village, mais leurs fonctions sont essentiellement socio-religieuses. Il n'existe pas de structure étatique. En grande majorité animistes, les Sara vénèrent un grand nombre de forces surnaturelles. Ils pratiquent des rites d'initiation, appelés yo-ndo, grâce auxquels l'enfant passe à l'âge adulte après de douloureuses épreuves, parfois mortelles.
Après avoir longtemps pratiqué uniquement des cultures de subsistance (par exemple, mil, patates douces, ignames, gombos), les Sara ont été contraints, par les autorités coloniales, à la culture cotonnière. Cette culture est restée obligatoire après l'indépendance, car elle est la principale exportation du pays. Les Sara, qui représentent une partie importante de la population de N'Djamena, capitale du Tchad, accaparent le pouvoir au détriment des peuples islamisés du Nord.
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