La cardiologie moderne a un siècle. Ses « inventeurs », parmi lesquels figurent de nombreux médecins français, ont su faire preuve d'audace. Certains ont transgressé les tabous et détruit les concepts les mieux établis ; d'autres ont dû vaincre le scepticisme de leurs contemporains avant que le temps ne leur donne raison.
Alors, l'avenir de la cardiologie est-il derrière nous ? On est en droit de se poser la question quand on regarde le chemin parcouru. N'en croyons rien pourtant : d'une part, l'informatique médicale n'a pas fini d'améliorer tous les outils qui sont aujourd'hui à notre disposition ; d'autre part, les retombées attendues de la génétique moléculaire seront certainement considérables, même si le champ d'action exploré par les chercheurs institutionnels paraît souvent bien loin des préoccupations des cliniciens.
Ceux-ci, bien qu'ils disposent maintenant d'outils de diagnostic et de procédures thérapeutiques d'une extraordinaire efficacité, restent en permanence à l'affût des perfectionnements nouveaux en matière de diagnostic, de thérapeutique et de réadaptation de leurs patients toujours plus nombreux. Et cela, en raison des progrès spectaculaires de l'espérance de vie, qui résultent justement, pour une large part, des performances de la cardiologie préventive et des avancées de la cardiologie chirurgicale comme de la cardiologie interventionnelle.
1. Les premières lueurs : l'électrophysiologie
C'est au tout début du xxe siècle que commencent les progrès de la cardiologie moderne. Certes, les cliniciens des siècles précédents, tels Laennec, Adams et Stokes, Durozier, William Heberden ou encore Bouveret, avaient édifié la séméiologie d'interrogatoire et d'examen clinique qui est, en grande partie, restée la nôtre. Mais c'est en Hollande, en 1903, que l'aventure technologique commence avec la construction par Willem Einthoven du premier électrocardiographe. Son appareil – un galvanomètre à corde – pesait 300 kilogrammes et il fallait deux heures et l'aide de ci […]
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