3. Le Cameroun contemporain
• La dynamique politique
L'accord signé le 4 mars 1916 entre les gouvernements britannique et français attribuait au Royaume-Uni une zone limitrophe du Nigeria peuplée, au nord, de Peuls, et au sud, de Bamiléké ; et octroyait à la France la plus grande partie du Cameroun. Ce dernier est passé ensuite sous mandat de la Société des Nations puis, en 1946, sous tutelle de l'Organisation des Nations unies (O.N.U.). Les deux puissances européennes ont alors préparé séparément l'accession à l'autonomie des territoires dont elles avaient la charge.
La tutelle britannique
Le système institutionnel du Cameroun sous tutelle britannique est restreint jusqu'en 1946 – pour sa partie méridionale (Southern Cameroons) –, et intégré à la province sud-orientale du Nigeria – pour sa partie septentrionale. Il n'a évolué qu'à partir de 1954, avec l'accession du territoire au statut de collectivité publique autonome. Il s'est alors vu doté d'organes spécifiques, en particulier d'une Assemblée législative – compétente dans tous les domaines ne relevant pas de la Chambre fédérale du Nigeria – et d'un Conseil exécutif. En 1959, le nombre d'élus à l'Assemblée législative a augmenté tandis que le Conseil exécutif se transformait en Conseil des ministres composé d'hommes politiques – et non plus de fonctionnaires – aux responsabilités accrues.
Cette institutionnalisation a accentué, dans le Southern Cameroons, le dilemme entre l'autonomie régionale au sein du Nigeria indépendant, défendue notamment par le Kamerun People's Party de Paul M. Kale, et la réunification avec le Cameroun francophone, souhaitée par le Kamerun National Democratic Party de John Ngu Foncha et Solomon Tandeng Muna. Le plébiscite organisé par le gouvernement britannique, le 7 novembre 1959, a donné un résultat favorable au maintien de la tutelle.
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