Né à Los Angeles, William Berkeley Enos, dit Busby, n'a jamais été, sauf une exception déconcertante, un cinéaste au sens strict du terme. Il s'était cantonné dans un rôle de directeur de production numbers, c'est-à-dire d'organisateur de séquences dansées à grand spectacle, et s'il lui est arrivé de signer la réalisation entière d'un film, c'est que, souvent, celui-ci était composé exclusivement de ces séquences. L'exception, c'est Je suis un criminel (1939), un drame noir parfaitement joué par John Garfield.
Impresario, chorégraphe et metteur en scène de musicals à Broadway (profession à laquelle il revint au soir de sa carrière avec la reprise en 1971 à Broadway de No, no, Nanette), Busby Berkeley s'imposa à Hollywood à la fin du cinéma muet comme rénovateur de la chorégraphie. Encore ce mot est-il inexact, car il créa, en opposition à la chorégraphie assez rudimentaire de l'époque, un véritable art au sein de l'art cinématographique. Conscient des possibilités du trucage à un moment où le public n'était pas encore blasé, et disposant de machineries gigantesques, il joua sur le nombre, le pluriel, la multiplication au sein de l'image […]
