2. Histologie et cytologie
• Le système conducteur des Bryophytes
Chez beaucoup d'espèces (certaines Hépatiques, les Sphaignes), le tissu conducteur est très réduit : le parenchyme présente des pores ou des ponctuations fines et nombreuses qui facilitent la circulation de l'eau entre les cellules.
Dans quelques genres d'Hépatiques (Pallavicinia, Symphyogyna), le gamétophyte est parcouru par un ou plusieurs faisceaux centraux constitués de cellules à parois épaisses et ponctuées.
Chez diverses Mousses (Polytrichales et Dawsoniales, en particulier), l'axe central de la tige se compose d'un cordon central d'hydroïdes, longues cellules à parois minces et peut-être sans cytoplasme, entouré de leptoïdes, cellules allongées à cytoplasme très réduit mais pourvu de noyaux et portant, sur les parois latérales, des plages criblées comparables à celles du phloème des trachéophytes primitifs.
Les Bryophytes ne possèdent donc pas un système conducteur absolument comparable à celui des plantes vasculaires, néanmoins ils n'en sont pas complètement dépourvus. Par suite, certains auteurs ont considéré les Bryophytes comme les ancêtres des trachéophytes, d'autres pensent qu'ils sont nés des trachéophytes primitifs. On peut dire que les Muscinées dépourvues de cordon conducteur appartiennent aux groupes les plus évolués si l'on admet, comme certains bryologues, que l'ensemble des Muscinées subit une évolution réductrice.
Les tissus conducteurs des Muscinées sont considérés comme dépourvus de lignine. Des travaux récents ont montré son absence totale chez les Pallavicinia et Symphyogyna, dont le gamétophyte possède des faisceaux bien individualisés. Cependant, à la suite de certains essais de colorations, un doute s'est élevé et il semble que l'on ait montré la présence, chez quelques Bryophytes, de polymères voisins de la lignine. S. M. Siegel, en 1962, aurait réussi à faire produire de la lignine par des espèces appartenant à des genres morphologiquement trés éloignés. La limite entre Bryophytes et plantes à tissus conducteurs lignifiés (trachéophytes) ne serait donc peut-être pas aussi tranchée qu'on le pensait. Toutefois, la présence de lignine chez les Bryophytes reste douteuse.
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