Mot dérivé du vieil allemand bören (porter, rapporter) appliqué primitivement au territoire fiscal d'une église ou d'une ville, plus particulièrement au riche pays agricole de Magdebourg. La fertilité de la région tient à l'épandage de lœss d'origine éolienne à l'ère quaternaire, quand les vents soufflant sur la grande plaine du Nord étaient ralentis par les premières hauteurs des massifs hercyniens. À cette fertilité, qui contraste avec la médiocrité des sols des massifs d'une part, des étendues de Geest, dans la plaine, d'autre part, devaient s'ajouter les avantages d'une situation de contact entre régions naturelles différentes, favorisant le développement de villes-marchés, et des facilités offertes à la circulation générale ouest-est. On ne s'étonne pas que le mot ait pris d'abord une acception régionale, puis générale, désignant cette riche zone de contact entre l'Europe hercynienne et la plaine du Nord allant d'ouest en est, depuis la rive gauche du Rhin (Börde de Juliers) jusqu'en Saxe, et jalonnée de vieilles villes marchandes (Cologne, Soest, Einbeck, Magdebourg et Halle).
Pierre RIQUET
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