Mot allemand issu du frison güst(infertile), la « geest » qualifie des « pays », des régions de la grande plaine du Nord, principalement en Basse-Saxe. L'emploi du terme a été généralisé par les géographes qui, dans cette grande plaine d'origine glaciaire, distinguent, par l'examen de la nature du sol et de l'hydrographie, trois types de paysages : la geest qui a la plus grande extension ; la lande (Heide) ; les marais (Moor) — sans compter les polders littoraux (Marschen).
La geest désigne les épandages morainiques et proglaciaires constitués principalement de sables que l'on doit aux glaciations de l'Elster et de la Saale. Comme il s'agit des glaciations les plus anciennes, les sols sont profondément lessivés et podzolisés, et la geest explique la médiocrité agronomique du Nord-Ouest allemand en comparaison de la partie orientale de la grande plaine, qui a reçu, au contraire, le tapis morainique fertile de la glaciation vistulienne. La geest domine de quelques mètres les chenaux proglaciaires, les Urstromtäler, par où s'écoulaient les eaux de fonte et qui sont généralement le domaine du marais et des tourbières (Moor). La geest est el […]
