En cinquante années, la physionomie de la Bolivie, pays de 1 098 581 kilomètres carrés enclavé entre le Chili et le Pérou à l'ouest, le Brésil au nord et à l'est, le Paraguay et l'Argentine au sud, a considérablement changé. La population est passée de 2 713 630 habitants en 1950 à 8 274 325 en 2001 et, selon les estimations de l'I.N.E. (Institut national des statistiques bolivien), elle aurait atteint 9 427 219 millions en 2005. Les trois départements constituant un axe urbain central à forte croissance, qui inclut les conurbations de La Paz-El Alto, Cochabamba et Santa Cruz, ont accueilli 75 p. 100 des migrants du pays, la majorité allant vers Santa Cruz. Si bien que l'on observe une poussée vers l'est, qui est aussi une poussée vers les plaines.
Le pays réalise l'essentiel de ses échanges commerciaux avec les pays voisins, tant du Mercosur que de la Communauté andine des nations, et avec les États-Unis. Il a pour objectif permanent de récupérer le débouché maritime sur la côte chilienne qu'il a perdu à la suite de la guerre du Pacifique (1879-1883).
On a coutume de dire de la Bolivie qu'elle est une mendiante assise sur un trône en or. De fait, depuis l'extraction de minerai d'argent, qui a fait sa légende à l'époque coloniale, jusqu'aux gisements d'hydrocarbures, en passant par les énormes réserves de lithium, de minerais de fer et d'autres minerais non ferreux, notamment l'étain, la Bolivie n'a jamais manqué de ressources naturelles. Or, après presque deux siècles d'indépendance, elle demeure le pays le plus pauvre d'Amérique du Sud avec un revenu par habitant inférieur à 1 000 dollars en 2001, soit plus de trois fois au-dessous de la moyenne de la région.
Ni les politiques économiques nationalistes et étatistes lancées en 1952 jusqu'à la banqueroute du début des années 1980, ni la politique économique libérale amorcée en 1985 n'ont réussi à sortir le pays de la pauvreté : après une lente récupération dans les années 1990, la Bolivie a été victime d'une autre crise économiq […]
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