Beauvais, qui comptait 55 100 habitants en 2005, est le chef-lieu du département de l'Oise. La ville assure le fonctionnement administratif d'un département dont le centre de gravité s'est déplacé vers la vallée de l'Oise et ses grands axes de communications (T.G.V., autoroute A 1), dans l'orbite parisienne. Elle rayonne surtout sur la partie occidentale du département, le Beauvaisis, dont elle est la capitale depuis l'Antiquité.
La ville est née et a grandi autour d'un pont, sur la vallée humide du Thérain, qui descend des hauteurs du pays de Bray jusqu'à l'Oise, entre les collines herbeuses du pays de Thelle, au sud, et les horizons nus du grand plateau de craie de Picardie, au nord.
Oppidum de la tribu gauloise des Bellovaques, dont elle tire son nom (Bellovacum), puis cité épiscopale précocement intégrée au domaine royal, Beauvais obtint, dès le xie siècle, le statut de commune. Jusqu'à la Révolution, son histoire dépendit plus de la rivalité des deux puissances qui contrôlaient la ville, l'évêque et les négociants drapiers, que des événements extérieurs – on continue néanmoins à célébrer chaque année le souvenir glorieux de Jeanne Hachette, qui stimula la résistance de la ville aux assauts de Charles le Téméraire, en 1472. L'essor de la vie religieuse et la richesse économique, tirée de ses draps de laine exportés jusqu'en Orient, ont permis un embellissement de la ville. Il en subsiste quelques vestiges en centre-ville, notamment l'ancien Palais épiscopal (qui abrite le musée départemental) et la cathédrale Saint-Pierre, inachevée mais exceptionnelle par la hardiesse de son architecture, avec le chœur gothique le plus haut du monde (xiiie et xvie s.) et un transept de style flamboyant du xvie siècle.
La production textile se diversifia avec l'installation d'une manufacture royale de tapisserie en 1664, qui connut son apogée au xviiie siècle, puis avec la fabrication de cotonnades imprimées. Mais, au cours du xixe siècle, Beauvais, qui ne fut relié à Paris par chemin de fer qu'en 187 […]
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