Baïbars (ou Baybars) Ier, al-Malik al-Ẓāhir Rukn al-dīn al-Ṣāliḥī, fut le quatrième sultan des Mamlouks Baḥrides. Ce dernier qualificatif, dérivé de baḥr, est appliqué au Nil, les premiers esclaves turcs achetés par le sultan ayyūbide al-Malik al-Ṣāliḥ ayant été casernés dans une île au milieu du fleuve, au sud du Caire. Le nom de sultan, dans sa seconde partie, bars, signifie « fauve », et le souverain fit sculpter sur divers ouvrages d'art, sur des ponts notamment, en Égypte et en Syrie, ses armes parlantes, un fauve, qu'on retrouve aussi sur ses monnaies.
Baïbars fut incorporé au nouveau contingent turc créé par Malik Ṣaliḥ et conquit rapidement son brevet d'officier. C'est à ce titre qu'il participa héroïquement à la bataille de Manṣūra, et c'est lui qui mit fin par un sauvage assassinat au règne de Tūrānshāh, en 1250, sous les yeux du roi de France Louis IX, terrifié. Dix ans plus tard, le jeune officier, alors âgé de trente-cinq ans, devait se rendre coupable d'un meurtre aussi odieux : le troisième sultan mamlouk, Ḳuṭuz, venait, par la brillante victoire de ‘Ayn Djālūt, en Palestin […]
