4. Tragique fin de règne
Ce règne prodigieux, au cours duquel Baïbars entreprit et réussit des actions mémorables, représente une leçon d'énergie et concourt à un redressement politique inattendu. Le sultan Baïbars donne l'impression, en dehors de son invraisemblable activité qui se mesure par des faits et par des dates, d'un homme qui domine les événements avec un optimisme imperturbable. Il fut toujours obéi, semble-t-il, sans opposition ; d'ailleurs ses officiers sentaient bien qu'ils n'avaient pas à plaisanter quand ils recevaient un ordre, car, dans des circonstances particulièrement délicates, quand il fallait prêcher d'exemple, le sultan mettait lui-même la main à la pâte, et joyeusement.
Les entreprises de Baïbars firent entrer ce guerrier, de son vivant, dans la légende. Les conteurs, plus tard, donnèrent un pâle reflet du personnage. Sa vie ne fut-elle pas un extraordinaire roman d'aventures, où l'intérêt ne faiblit pas un seul instant ? Son dernier meurtre lui fut fatal : Baïbars rentrait d'une campagne en Asie Mineure, et c'est alors qu'à Damas il fit empoisonner un prince ayyūbide ; mais, par une méprise de son échanson, le sultan but dans la même coupe que sa victime et mourut avec elle, le 30 juin 1277. Ainsi, la mort du héros – le dernier crime ! – est d'un romanesque tragique.
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