2. Les substructures
Par ailleurs, si cette partie de l'Asie fut rapidement et heureusement fertilisée, ce fut aussi parce que, déjà, dans chacune de ses unités géographiques favorables à l'homme, existaient des foyers de cultures protohistoriques, que l'archéologie commence à peine de découvrir. En outre, ces peuples étaient déjà individualisés. Seule la linguistique permet actuellement de le pressentir. Sans douter qu'ils aient eu à l'aube de l'humanité une origine commune, et en notant leur interaction réciproque, on distingue deux grands systèmes ; sur les îles et les rives de l'Indochine, la famille austro-asiatique, segmentée en môn-khmer et en indonésien ; en Chine du Sud et dans les hautes terres de la péninsule, trois familles proches – et également marquées par le chinois –, le tibéto-birman, le thaï et le vietnamien.
Une fois donc les outils d'une civilisation supérieure – et désormais écrite – reçus, assimilés, chaque groupe va forger un destin qui sera particulier, voire irréductible malgré l'indéniable « air de famille ». En parallèle, si l'Europe – à peu près à la même époque – fut certes civilisée par Rome, lui prit sa langue, ses lois, ses outils, voire sa religion, elle élaborera au cours des dix siècles suivants autant de pays dont nous savons bien qu'on ne saurait les confondre.
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