3. L'Arabie depuis la mort de Mahomet
• Querelles et divisions
S'il y eut discorde à Médine, cela ne dura pas, car Ançār et Mouhājjiroūn comprirent vite que cette discorde pouvait entraîner la ruine et la destruction de la communauté musulmane. L'influence des Mouhājjiroūn l'emporta, appuyée sur le fait qu'à la fin de sa vie Mahomet avait désigné l'un d'eux, Abou Bekr, pour diriger la prière. Soutenu par Omar b. al-Khattāb, celui-ci fut nommé calife (khalīfat an-nabī, successeur du Prophète) ; il semble que les Qorayshites se soient ralliés facilement à ce candidat, qui faisait l'unanimité par ses qualités de croyant de la première heure, de beau-père de Mahomet, d'homme simple, intègre et désintéressé. Il fut donc reconnu comme chef de la communauté par les « sédentaires ». Il n'en fut pas de même des Bédouins.
En effet, certaines tribus, comme celles des Asad et des Ghatafan, se soulevèrent dans le centre et le sud de l'Arabie ; elles trouvèrent un appui auprès des faux prophètes qui utilisèrent le mécontentement des tribus, dû à l'obligation de payer l'impôt et à la suprématie des sédentaires sur les nomades au sein de la communauté. Face à cette révolte, Abou Bekr se montra intransigeant : les tribus lui devaient obéissance entière, comme à Mahomet, et devaient payer l'impôt (zakāt) ; le refus de payer l'impôt fut considéré comme une apostasie. Abou Bekr entreprit sans tarder de refaire l'unité musulmane en Arabie ; ses troupes, placées sous le commandement de Khālid b. al-Walīd, soumirent rapidement les Asad et les Ghatafan et leur prophète Toulayha. Puis il se tourna contre les autres tribus soulevées, et d'abord les Banou Tamīm qui dans le nord-est de la péninsule avaient un moment suivi la prophétesse Sajjah : celle-ci, dès la mort de Mahomet, avait prêché un vague christianisme et la lutte contre les musulmans. Ayant échoué dans ses tentatives de regroupement des adversaires de l'islam, elle se réfugia en Mésopotamie où elle mourut peu après ; les Banou Tamīm furent rapid […]
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