5. L'alphabet grec et sa descendance
Dérivé du phénicien, l'alphabet grec est le premier véritable alphabet, car ses créateurs ont utilisé des consonnes phéniciennes, dont ils n'avaient pas l'emploi, pour transcrire les voyelles. Son usage n'est attesté qu'à partir du viiie siècle avant J.-C., mais les spécialistes du phénicien pensent que l'emprunt eut lieu un peu avant 900. Le grec serait donc à l'origine de l'alphabet phrygien, apparu avec le royaume national au viiie siècle avant notre ère. Moins variée que celle de l'araméen, la descendance de l'alphabet grec prendra plus d'importance au cours des siècles.
Les écritures de la péninsule Ibérique (ibéro-tartessienne de l'Algarve, viie s. av. J.-C.) et de l'Anatolie (carienne et lydienne, viie s. av. J.-C. ; lycienne et pamphylienne, ive s. av. J.-C.) mélangent des signes de provenance diverse, et souvent de valeur syllabique, à des lettres grecques. Le copte (iie s. apr. J.-C.), écriture de la langue sacrée de l'Église chrétienne d'Égypte, ajoute à l'alphabet grec sept lettres tirées du démotique (cursive de l'époque pharaonique). Le modèle grec est plus incertain pour l'écriture gotique, créée au vie siècle de notre ère pour évangéliser les Gots. Les alphabets arménien et géorgien, inventés au ve siècle après J.-C., auraient tiré la forme de leurs lettres du pehlevi, et l'idée de la transcription des voyelles du grec. L'influence du grec est plus nette à l'origine du glagolitique (du vieux slave glagol, parole), qui fut forgé par saint Cyrille, l'apôtre des Slaves, pour écrire le slavon (ixe s.) et qui, par l'intermédiaire du cyrillique (xiiie s.), est à l'origine des alphabets modernes russe, biélorussien, ukrainien, bulgare et serbe.
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