Fortement marquée par une occupation ottomane de cinq siècles, mais cependant fidèle à ses origines ethniques et nationales, l'Albanie (3,2 millions d'habitants en 2010) s'est affirmée comme État indépendant malgré la petitesse de son territoire et la pauvreté de sa population au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
Admis à l'O.N.U. en 1956 au prix de luttes internes sanglantes et d'un isolement international, l'État communiste albanais a défendu le principe d'une autonomie politique et économique proche de l'autarcie. La rupture de son alliance avec la Chine en 1978 a obligé le gouvernement albanais à diversifier ses échanges et à tenter de concilier pragmatisme et inflexibilité idéologique.
En 1985, l'Albanie est entrée dans l'après-hodjisme. Ramiz Alia, successeur du fondateur historique, a cru pouvoir conjuguer le respect proclamé de la « pensée éternelle du camarade Enver Hodja » avec les nécessités économiques et sociales. L'ouverture au monde et les conséquences de la défaite du communisme est-européen ont eu raison des résistances du régime dans un pays jeune dont la population a doublé depuis 1945. En 1992, l'Albanie s'est dotée d'un gouvernement non communiste. Bénéficiant de ressources énergétiques et agricoles importantes, mais ayant le produit national brut par habitant le plus bas d'Europe, l'Albanie s'est engagée sur le chemin de la démocratie avec un potentiel certain. Cependant, le délabrement de son économie rend nécessaires de substantiels concours internationaux et une coordination rigoureuse de ces derniers. Après trois années de désordres et d'une production paralysée, les signes de reprise économique se font sentir, en particulier dans l'agriculture et l'industrie légère. En 1997, la ruine de plusieurs centaines de milliers d'épargnants, victimes d'une spéculation financière révélatrice de la fragilité des nouvelles institutions, déstabilise profondément le pays. Le président Sali Berisha, leader du Parti démocratique, élu en 1992, est contrain […]
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