3. L'Albanie depuis 1945
• L'évolution politique et sociale
Dernier État européen à proclamer sa fidélité au modèle stalinien du « socialisme dans un seul pays », l'Albanie a fait, depuis 1945, le pari de l'isolement et de l'indépendance nationale au prix d'une série de crises internes et d'alliances idéologiques mouvementées. L'interruption de l'aide chinoise, en 1978, a mis en péril le modèle économique qu'elle s'était choisi alors que celui-ci était sur le point de se réaliser.
À partir de 1990, la nécessaire ouverture au monde a fait voler en éclats l'édifice du parti unique et la fiction d'un peuple prêt à tous les sacrifices pour sauver le dernier régime authentiquement marxiste-léniniste. Étudiants, intellectuels, cadres et employés des villes auront été le fer de lance de l'affrontement avec le pouvoir. Entre émigration et manifestations, la jeunesse albanaise a prouvé son refus d'une société autoritaire et coupée de l'Europe.
Une indépendance au prix fort
Issu de la fusion de plusieurs tendances, le Parti du travail albanais a dominé la vie politique depuis les élections du 2 décembre 1945, jusqu'en 1992. Une nouvelle Constitution était adoptée en 1976, confirmant la suprématie de ce dernier et faisant de l'Albanie une « république populaire socialiste ». Le pouvoir législatif était exercé par l'Assemblée populaire, élue pour quatre ans, et devant laquelle, en principe, le gouvernement, nommé et révoqué par elle, était responsable. Dans les faits, tout le pouvoir appartenait au parti, dirigé par un comité central d'une trentaine de membres, qui désignaient un bureau politique de sept membres. Les conseils populaires, dont le pouvoir a été renforcé en 1979, représentaient l'assemblée populaire à l'échelon du district, de la ville, du village ou du quartier. Diverses organisations de masse, syndicats, unions des jeunes travailleurs, de […]
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