L'archéologie n'était pas une discipline neutre dans les anciens pays communistes de l'Est : aussi bien la volonté d'écrire une histoire officielle, à la fois nationale et dans le vent de la philosophie du régime, que celle de remodeler le paysage en éliminant les monuments jugés obscurantistes au profit de ceux qui célébraient l'avènement de la société nouvelle se sont exprimées dans le domaine archéologique par une politique de fouilles et de publications. Des crédits importants ont été affectés à des travaux qui ont donné de bonnes publications scientifiques, même si la valeur des chercheurs a pu être masquée par des insuffisances techniques (dans la méthodologie des fouilles, l'information bibliographique, la qualité des reproductions) et surtout par un contrôle politique qui entendait imposer sa « vérité officielle », tout en suscitant des contacts avec les archéologues « occidentaux ».
C'est dire l'importance des bouleversements entraînés par l'effondrement du régime communiste, tout particulièrement en Albanie, dont l'indépendance ne remontait qu'à 1912, tant Enver Hodja avait voulu tirer parti de l'archéologie dans sa politique nationale (il faut lire dans le G […]
