Le 22 décembre 1956, le rembarquement du corps expéditionnaire franco-britannique à Port-Saïd (Égypte) illustre les nouveaux rapports de forces internationaux de l'après-1945. En nationalisant le 26 juillet 1956 le canal de Suez, le leader égyptien Nasser entendait affirmer la force du monde arabe et la fierté des nations ex-colonisées, au détriment des intérêts et de l'orgueil des puissances impérialistes européennes, affaiblies par la Seconde Guerre mondiale et la décolonisation. Mais la Grande-Bretagne d'Anthony Eden considère la préservation de son influence au Moyen-Orient comme le pilier essentiel de son statut de Grand, et la France, dirigée par Guy Mollet, espère éliminer en Nasser un soutien majeur des indépendantistes algériens. Elles réagissent en incitant les Israéliens à intervenir dans le Sinaï égyptien le 29 octobre, avant de débarquer elles-mêmes des troupes le 5 novembre à Port-Saïd. L'Union soviétique, pourtant engagée dans la répression de l'insurrection hongroise, pose immédiatement un ultimatum à Paris et à Londres qui, subissant les critiques des États-Unis, s'inclinent. En janvier 1957, Israël commence à évacuer à son tour le Sinaï, confortant l'aura internationale de Nasser. Moins pour la France, déjà vaincue en Indochine, que pour la Grande-Bretagne, Suez marque la prise de conscience de son déclassement international vis-à-vis des deux grandes puissances nucléaires. Quant au Proche et au Moyen-Orient, ils échappent à l'influence britannique pour devenir un enjeu durable de la guerre froide.
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Crise de Suez, 1956 Le 26 juillet 1956, le président égyptien Gamal Abdel Nasser, annonce à Alexandrie la nationalisation du canal de Suez. Le 30 octobre, Français et Anglais lancent une intervention militaire dans la région. Les Français reprochent à Nasser son soutien aux nationalistes algériens. Les Anglais, princip……
Crédits: National Archives Consulter
Vincent GOURDON
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