Au début du xviie siècle, Abraham Janssens est un des plus intéressants peintres d'histoire du milieu anversois, ne serait-ce que par sa complexité stylistique qui le place en marge de Rubens. Il est, un moment, son seul vrai rival, comme le rapporte Sandrart, à la jonction du vieux romanisme flamand, du maniérisme tardif et du récent caravagisme plus difficilement accueilli dans les Flandres que dans les Pays-Bas du Nord. Après une première formation, vers 1584-1585, chez Jan Snellinck, peintre d'histoire italianisant dans le goût de Maerten de Vos, on trouve Janssens à Rome dès 1598 (donc bien avant Rubens) où il réside jusqu'en 1601, date de son admission dans la gilde d'Anvers comme franc-maître (en 1601, Janssens a encore peint un tableau en Italie, Diane et Callisto, conservé au musée des Beaux-Arts de Budapest, tout maniériste de conception). Marié en 1602, doyen de la gilde en 1606, il déploie une grande activité à Anvers, vite reconnue puisque son tableau le plus officiel et l'un de ses chefs-d'œuvre, l'Union de l'Escaut et d'Anvers (musée d'Anvers), date de 1610 et avait été exécuté pour la cheminée de la salle des États à l'hôtel […]
