7-29 mai 2012Syrie. Massacre de civils à Houla

 

Le 7 se déroulent les premières élections législatives « multipartites » grâce à l'abolition dans la Constitution, en février, de la suprématie du parti Baas. L'opposition boycotte le scrutin et l'O.N.U. dénonce une mascarade en contestant la tenue d'élections dans un contexte de violences. L'alliance Unité nationale, favorable au régime de Bachar al-Assad, remporte 183 sièges sur 250. La plupart des autres sièges reviennent à des indépendants proches du pouvoir. Le taux de participation est de 51,3 p. 100, mais la moitié seulement des électeurs potentiels sont inscrits sur les listes électorales. L'Observatoire syrien des droits de l'homme estime à plus de onze mille le nombre de victimes des violences depuis mars 2011. Au cours du mois, les violences gagneront le Liban voisin, où se produiront des affrontements entre opposants et partisans du régime syrien.

Le 9, à Deraa, bastion de la contestation dans le sud du pays, un convoi de la Mission de supervision de l'O.N.U. en Syrie (Misnus) est la cible d'un attentat à la bombe qui ne fait pas de victime. Il s'agit du premier incident grave touchant la Misnus depuis le début de son déploiement en avril.

Le 10, un double attentat à la bombe cause la mort d'au moins cinquante-cinq personnes dans la banlieue sud de Damas. Le régime et l'opposition se rejettent la responsabilité de cette attaque, la plus meurtrière depuis le début des violences dans le pays.

Le 18, des manifestations contre le pouvoir en place, d'une ampleur sans précédent, se déroulent à Alep, deuxième ville du pays.

Le 23, Burhan Ghalioun démissionne de la présidence du Conseil national syrien (C.N.S.), principale coalition de l'opposition. Il était la cible de critiques relatives à l'influence que la confrérie des Frères musulmans exerce au sein du C.N.S. et au manque de coordination avec les militants sur le terrain.

Le 25, alors que des manifestations massives contre le régime s'organisent à Damas et Alep, les deux plus grandes villes du pays, l'armée intervient à Houla, près de Homs, dans le centre du pays, laquelle est contrôlée par l'Armée libre de Syrie. Cette intervention blindée fait au moins cent huit morts, dont quarante-neuf enfants.

Le 28, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. dénonce « un usage révoltant de la force contre une population civile [qui] constitue une violation du droit international applicable et des engagements pris par le gouvernement syrien ». Ce dernier avait accepté un cessez-le-feu en avril.

Le 29, l'enquête menée par l'O.N.U. à Houla révèle que les victimes ont été tuées, pour la plupart, au fusil ou à l'arme blanche. L'implication de milices favorables au régime est évoquée.

Le 29 également, plusieurs pays occidentaux, dont les États-Unis, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, ordonnent l'expulsion des ambassadeurs syriens.

—  Universalis



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«  7-29 mai 2012 - Syrie. Massacre de civils à Houla », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : http://www.universalis.fr/evenement/7-29-mai-2012-massacre-de-civils-a-houla/