5-29 février 2004

Haïti. Chute du président Jean-Bertrand Aristide

Le 5, les opposants armés au régime de Jean-Bertrand Aristide, regroupés au sein du Front de résistance révolutionnaire de l'Artibonite (département situé dans le centre du pays) prennent le contrôle de Gonaïves, quatrième ville du pays, à l'issue de combats meurtriers qui continuent les jours suivants. Ce mouvement, qui s'appelait auparavant Armée cannibale, combattait l'opposition pour le compte du pouvoir. En septembre 2003, l'assassinat de son chef a provoqué son revirement. D'autres groupes armés s'emparent de localités dans l'Artibonite. L'opposition politique au régime se démarque des insurgés en rappelant son attachement à la lutte pacifique.

Le 13, les chefs de la diplomatie des États-Unis, du Canada et de plusieurs pays des Caraïbes, ainsi que le secrétaire général de l'Organisation des États américains, réunis à Washington, s'opposent à « un départ illégal du président élu d'Haïti ».

Le 15, un millier d'opposants manifestent à Port-au-Prince pour réclamer la démission de Jean-Bertrand Aristide.

Le 17, le gouvernement français, qui prône l'envoi d'une force de paix à Haïti, crée une cellule de crise. Une force internationale avait déjà été envoyée dans le pays entre 1994 et 2000, sans résultat. Washington penche pour une « solution politique » négociée entre le gouvernement et l'opposition.

Le 21, toutefois, l'opposition politique rejette le plan présenté par les États-Unis, le Canada, la France et la Communauté des pays des Caraïbes, qui prévoyait un partage du pouvoir.

Le 23, les rebelles investissent Cap-Haïtien, deuxième ville du pays.

Le 25, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, devant « le risque de chaos qui menace Haïti », appelle au départ du président Aristide accusé de « porter une lourde responsabilité dans la situation actuelle ».

Le 26, le secrétaire d'État américain Colin Powell met à son tour en cause Jean-Bertrand Aristide.

Le 29, alors que les violences et les pillages se multiplient dans la capitale, le président Aristide signe sa démission en présence des ambassadeurs de France et des États-Unis. Il gagne Bangui, en Centrafrique, sous protection américaine. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, devient président par intérim, comme le prévoit la Constitution.

Le 29 également, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. adopte à l'unanimité la résolution 1529 qui décide l'envoi à Haïti, pour une durée de trois mois, d'une « force intérimaire » multinationale chargée de maintenir l'ordre et de « promouvoir le processus politique désormais en cours ». Les premières forces américaines et canadiennes arrivent le même jour dans l'île.

— Universalis

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