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1er-30 septembre 2004

Irak. Multiplication des enlèvements et des attentats, et annonce d'une conférence internationale

Le 1er, le Conseil national désigné en août élit à sa présidence le Kurde Fouad Maassoum, un des dirigeants de l'Union patriotique du Kurdistan.

Le 1er également, Ahmed Chalabi, influent dirigeant du Congrès national irakien, est victime d'une tentative d'assassinat à Latifiya, au sud de Bagdad. Celle-ci sera revendiquée, le 4, par l'Armée islamique en Irak, qui détient depuis août les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Le 1er toujours, dix-sept Irakiens sont tués à Fallouja dans un raid de l'armée américaine dirigé contre une cache présumée du chef radical islamiste Abou Moussab Al-Zarkaoui, qui serait lié au réseau Al-Qaida. La pression américaine sur le « triangle sunnite » se maintiendra tout le mois.

Le 2, le journal Bagdad appartenant au Premier ministre irakien Iyad Allaoui accuse le président français d'avoir « une part de responsabilité dans l'enlèvement de ses deux concitoyens car il s'est opposé à toutes les résolutions internationales dont l'objectif était d'apporter la sécurité aux Irakiens ».

Le 2 également, le sabotage de l'oléoduc reliant Kirkouk, dans le nord du pays, au port turc de Ceyhan, interrompt de nouveau une partie des exportations de pétrole. D'autres sabotages se produisent au cours du mois.

Le 2 toujours, le groupe d'Abou Moussab Al-Zarkaoui, Unification et Guerre sainte, revendique l'assassinat de trois otages turcs.

Le 4, les combats reprennent à Sadr City entre les miliciens chiites de l'Armée du Mahdi, qui avaient annoncé une trêve à la fin d'août, et les forces américaines.

Les 4 et 5, les forces irakiennes et américaines procèdent, sur ordre du gouvernement irakien, au ratissage de la région de Latifiya où sévit la résistance sunnite. Cette opération perturbe les négociations avec les ravisseurs des deux journalistes français retenus dans la région.

Le même week-end, l'armée américaine lance un raid contre la ville de Tall-Afar, dans le nord du pays, considérée comme un « repaire de terroristes venant de Syrie ». Ils lèveront le siège de la ville le 14.

Le 6, à Fallouja, un attentat à la voiture piégée revendiqué par le groupe Unification et Guerre sainte cause la mort de sept soldats américains.

Le 7, le nombre de soldats américains tués en Irak, depuis la fin officielle des combats en mai 2003, atteint le chiffre de mille.

Le 7 également, deux Italiennes travaillant pour des organisations humanitaires, Simona Torreta et Simona Pari, sont enlevées à Bagdad, ainsi que deux Irakiens. Ces enlèvements, qui déterminent les organisations humanitaires encore présentes sur place à se retirer d'Irak, suscitent une forte mobilisation en Italie.

Le 12, à Bagdad, des tirs de mortier visent la « zone verte », où se trouvent situés l'ambassade américaine et le siège du gouvernement irakien. Cinq voitures piégées explosent dans la capitale. Les Américains ripostent par un raid d'hélicoptères qui fait treize morts, dont un journaliste palestinien. Le groupe Unification et Guerre sainte revendique les opérations de la journée.

Le 14, à Bagdad, un attentat à la voiture piégée devant un centre de recrutement de la police, revendiqué par le groupe Unification et Guerre sainte, fait quarante-sept morts.

Le 14 également, l'Armée islamique en Irak publie sur Internet un communiqué qualifiant la France d'« ennemie des musulmans ».

Le 16, deux Américains, Jack Hensley et Eugene Jack Armstrong, et un Britannique, Kenneth Bigley, travaillant en Irak, sont enlevés à Bagdad. Le 18, le groupe Unification et Guerre sainte revendique ces enlèvements, exigeant la libération des femmes détenues en Irak.

Le 19, la chaîne qatarie Al-Jazira diffuse une vidéo dans laquelle un groupe islamiste inconnu revendique l'enlèvement de dix-huit gardes nationaux irakiens, exigeant la libération d'un chef militaire de l'Armée du Mahdi.

Le 20, un site Internet diffuse les images de la décapitation d'Eugene Jack Armstrong.

Le 20 également, dans un discours prononcé à New York, le candidat démocrate à l'élection présidentielle, John Kerry, dénonce les « fautes de jugement colossales » de George W. Bush en Irak et s'insurge contre « la perspective [...] d'une guerre sans fin ».

Le 21, un site islamiste annonce l'assassinat du second otage américain.

Le 21 également, dans un discours devant l'Assemblée générale de l'O.N.U., George W. Bush déclare que « les peuples irakien et afghan sont sur la voie de la démocratie et de la liberté » et que les États membres des Nations unies doivent « contribuer à l'instauration d'un État irakien sûr ». Le secrétaire général de l'O.N.U. Kofi Annan, évoquant les civils irakiens « massacrés de sang froid » et les prisonniers irakiens « honteusement maltraités », affirme que « nul n'est au-dessus des lois et nul ne doit non plus être privé de leur protection », montrant implicitement son désaccord avec la politique de Washington.

Le 22, les membres de l'O.T.A.N. réunis en conseil parviennent à un accord sur la création, à Bagdad, d'un centre de formation des forces de sécurité irakiennes où seront envoyés trois cents instructeurs. Paris obtient des garanties permettant d'éviter toute confusion entre cet organisme et la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

Le 23, à Washington, Iyad Allaoui, s'exprimant devant le Congrès, défend la politique irakienne de George W. Bush.

Le 24, dans un entretien au New York Times, le secrétaire d'État américain Colin Powell déclare que les États-Unis approuvent l'idée du Premier ministre irakien d'organiser une conférence internationale sur l'Irak. Cette proposition avait été défendue par Paris et Moscou en avril 2003 et, plus récemment, par John Kerry. Cette conférence réunirait, en Égypte, les forces politiques irakiennes, les pays riverains de l'Irak, le pays hôte, les dirigeants du G8 et la Chine.

Le 27, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier approuve la tenue d'une conférence internationale sur l'Irak à condition qu'elle soit placée sous l'égide de l'O.N.U., qu'elle aborde la question du calendrier d'un retrait des troupes de la coalition et qu'elle accueille des représentants de groupes engagés dans la résistance armée.

Le 28, les deux Italiennes enlevées le 7 sont libérées, sans que l'identité de leurs ravisseurs et les revendications de ceux-ci aient été clairement définies. La presse italienne évoque le paiement d'une rançon de 1 million de dollars.

Le 28 également, le Français Philippe Brett, collaborateur du député Didier Julia (U.M.P.) qui est un artisan du lobby pro-irakien en France, déclare avoir rencontré les deux otages français en Irak et avoir obtenu un accord au sujet de leur libération. Le Quai d'Orsay dément tout lien avec cette mission.

Le 30, à Bagdad, un attentat à la bombe, revendiqué par le groupe Unification et Guerre sainte contre une station de pompage des eaux usées, fait plus de quarante morts, des enfants pour la plupart.

—  ENCYCLOPÆDIA UNIVERSALIS

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