1er-29 juillet 1982Israël – Liban. Pression de l'armée israélienne sur Beyrouth-Ouest

 

À partir du 1er, deux émissaires français sont envoyés au Proche-Orient pour tenter une mission de médiation dans le conflit du Liban. Fraîchement accueillis en Israël, ils se rendent ensuite au Liban, en Jordanie, en Syrie et en Arabie Saoudite.

Les 1er et 2, Bechir Gemayel, principal dirigeant chrétien du Liban, est reçu à Taëf en Arabie Saoudite par le comité restreint formé le 27 juin par la Ligue arabe pour trouver une issue diplomatique à la crise libanaise.

Le 3, à Tel-Aviv, près de 100 000 personnes manifestent en faveur de la paix.

Le 4, tandis que l'encerclement de Beyrouth-Ouest est parachevé par l'armée israélienne qui contrôle tous les points de passage reliant les deux secteurs de la ville, le Conseil de sécurité demande à l'unanimité qu'Israël desserre son étau autour de la capitale libanaise par « respect du droit des populations civiles ».

Le 8, Leonid Brejnev adresse un message à Ronald Reagan : il lui demande de faire tout ce qui est en son pouvoir « pour arrêter l'effusion de sang au Liban et la destruction barbare par les forces israéliennes des Libanais et des Palestiniens ». Il le met également en garde contre l'envoi de forces américaines au Liban, dont Washington a accepté le principe, le 6, dans le cadre d'une force multinationale d'interposition.

Le 9, la Croix-Rouge déplore de n'avoir pu visiter les 9 000 Palestiniens ou Libanais détenus en Israël et considérés par Jérusalem comme des prisonniers de droit commun. Dans la nuit du 9 au 10, l'artillerie israélienne pilonne très durement Beyrouth-Ouest, puis, le 11, de violents duels d'artillerie israélo-palestiniens provoquent de nombreuses victimes dans la population civile. Le sixième cessez-le-feu entre en vigueur. Il ne sera pas plus appliqué que les précédents.

Le 13, George Shultz, secrétaire d'État désigné, est entendu par le Sénat américain : il affirme qu'un règlement au Proche-Orient doit « satisfaire les ambitions politiques des Palestiniens ».

Le 14, François Mitterrand souligne que « la France contribue éminemment » à la recherche de solutions au Liban en faisant des propositions qui peuvent être « reçues par tous ». Après Washington, Paris et Rome ont accepté de participer à la force multinationale d'interposition.

Le 15, après que la Syrie a refusé « définitivement » d'accueillir les Palestiniens, Jérusalem exprime à nouveau son impatience devant la lenteur des négociations. À Paris, Farouk Kaddoumi, chef du département politique de l'O.L.P., est reçu à l'Élysée dans le cadre d'une mission de la Ligue arabe.

Le 17, à Tel-Aviv, une manifestation de soutien à la politique israélienne rassemble 200 000 personnes.

Le 20, le président Reagan reçoit les ministres des Affaires étrangères de Syrie et d'Arabie Saoudite, chargés de mission par la Ligue arabe. Les représentants arabes voudraient que les négociations, qui portent uniquement sur le retrait des feddayin du Liban, s'engagent sur la voie d'un règlement global du problème palestinien.

Le 22, les chasseurs bombardiers israéliens reprennent leurs raids contre Beyrouth-Ouest. D'autres opérations sont lancées contre l'armée syrienne dans la Bekaa et, le 24, des rampes de fusées SAM-8 sont détruites.

Le 24, le président Sarkis dénonce les agissements de l'« occupant israélien » au Sud-Liban. Bechir Gemayel, chef des phalangistes chrétiens, présentant officiellement sa candidature pour l'élection présidentielle, affirme que le Liban doit redevenir un « État fort ». Les personnalités musulmanes et progressistes s'opposent vivement à cette candidature.

Le 25, Yasser Arafat remet à une délégation de parlementaires américains venus le voir à Beyrouth-Ouest un document « reconnaissant toutes les résolutions de l'O.N.U. sur la question palestinienne ». Washington refuse de considérer cette déclaration comme un pas en avant, exigeant de l'O.L.P. une reconnaissance « claire et sans équivoque » de l'État d'Israël.

Les 27 et 28, l'artillerie et l'aviation israéliennes effectuent sur Beyrouth-Ouest les bombardements les plus violents depuis le début du conflit. Pour la première fois, les quartiers résidentiels sont visés. Des tirs de représailles palestiniens atteignent également le secteur chrétien de la capitale.

Le 29, le comité restreint de la Ligue arabe est réuni à Djeddah en Arabie Saoudite : l'O.L.P. accepte ses propositions qui prévoient l'évacuation des combattants palestiniens de Beyrouth.

—  Universalis



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«  1er-29 juillet 1982 - Israël – Liban. Pression de l'armée israélienne sur Beyrouth-Ouest », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 avril 2021. URL : http://www.universalis.fr/evenement/1er-29-juillet-1982-pression-de-l-armee-israelienne-sur-beyrouth-ouest/