Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

18 mars-2 avril 1982

Israël. Vive agitation dans les territoires occupés après le limogeage de maires palestiniens

Le 18, Menahem Milson, administrateur civil israélien en Cisjordanie, dissout le conseil municipal d'El Bireh qui refusait de le rencontrer, ne reconnaissant que l'existence du gouvernement militaire. Israël tente en effet d'instaurer une administration civile qui engagerait le dialogue avec les Palestiniens modérés de ce territoire jordanien occupé depuis 1967, mais il se heurte au nationalisme virulent de la plupart des municipalités des localités urbaines.

À partir du 19, la grève générale est totale dans les principales villes de Cisjordanie, et des incidents violents opposent l'armée israélienne à de jeunes manifestants : en moins d'une semaine, cinq jeunes Palestiniens et un soldat israélien sont tués.

Le 23, en Israël, un débat a lieu au Parlement sur une motion de censure à propos de la politique du gouvernement Begin dans les territoires occupés. Cinquante-huit députés adoptent la motion et cinquante-huit autres la repoussent : Menahem Begin, qui avait menacé de démissionner en cas de résultat nul, cède à la pression des membres de son gouvernement et ne renonce pas à ses fonctions comme l'y autorisent les « lois fondamentales » israéliennes.

Le 24, le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit à la demande du groupe arabe de l'O.N.U. Malgré de nombreux efforts pour faire adopter une résolution modérée à l'unanimité, les États-Unis opposent, le 2 avril, leur veto à un texte demandant le rétablissement des autorités démocratiquement élues en Cisjordanie.

Le 25, les deux principaux maires de Cisjordanie sont à leur tour destitués : Bassam Chakaa, maire de Naplouse, et Karim Khalaf, maire de Ramallah, personnalités proches de l'O.L.P. grièvement blessées en juin 1980 dans des attentats, sont considérés comme les chefs de file du mouvement national palestinien, majoritaire en Cisjordanie depuis les élections municipales de 1976.

Le 30 est la « journée de la terre », traditionnellement célébrée depuis 1976 par les populations arabes d'Israël et des territoires occupés pour protester contre les réquisitions de terres au profit d'exploitations juives. À cette occasion, la grève générale qui se poursuit en Cisjordanie et à Gaza est aussi partiellement suivie par la minorité arabe d'Israël en solidarité avec les Palestiniens des territoires occupés. À partir du 31, la grève cesse dans les territoires occupés et le calme se rétablit progressivement.

— Universalis

Événements précédents