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1er-29 août 2022

Irak. Affrontements entre partisans sadristes et milices chiites

Tensions politiques en Irak, 2022 - crédits : Ameer Al-Mohammedawi/ Picture Alliance/ Getty Images

Tensions politiques en Irak, 2022

Le 1er, les partisans de l’imam chiite Moqtada al-Sadr et ceux du Cadre de coordination, coalition de partis chiites pro-iraniens rivale du Mouvement sadriste, se font face dans les rues de Bagdad. Appelés la veille par Moqtada al-Sadr à participer à une « révolution », les premiers ont envahi depuis plusieurs jours la « zone verte », le quartier de la capitale qui abrite les institutions. Ils occupent le Parlement pour empêcher la formation du gouvernement présenté par le Cadre de coordination et exiger la tenue de nouvelles élections. Le Cadre de coordination, qui dénonce une tentative de « coup d’État », a appelé à une contre-manifestation aux abords de la zone verte. La coalition n’offre toutefois pas de front uni face à Moqtada al-Sadr, certains de ses membres privilégiant la recherche d’un compromis avec l’imam chiite. En juin, les élus sadristes avaient quitté le Parlement après que leur leader avait échoué à former un gouvernement avec des formations sunnites et kurdes. Le Cadre de coordination, auquel il revient de tenter de former un gouvernement, a présenté la candidature au poste de Premier ministre de l’ancien ministre et ancien gouverneur de province Mohamed Shia al-Soudani. Ce dernier est un proche de l’ancien chef du gouvernement Nouri al-Maliki, principal adversaire de Moqtada al-Sadr. Dix mois après les élections législatives d’octobre 2021, le pays n’a toujours pas de gouvernement.

Le 3, dans une allocution télévisée prononcée depuis la ville sainte de Nadjaf, Moqtada al-Sadr appelle à « un processus démocratique révolutionnaire pacifique, puis à des élections démocratiques anticipées après la dissolution du Parlement actuel ». Il demande à ses partisans de poursuivre leur mobilisation et rejette tout dialogue avec le Cadre de coordination. Au sein de ce dernier, certains soutiennent l’appel à de nouvelles élections, tandis que d’autres appellent au respect de la Constitution.

Le 5, des dizaines de milliers de partisans de Moqtada al-Sadr, dont certains campent toujours dans le Parlement, procèdent à une nouvelle démonstration de force en se rassemblant dans la zone verte.

Le 28, le grand ayatollah Kadhim al-Haeri, autorité spirituelle du mouvement sadriste, annonce depuis la ville sainte iranienne de Qom qu’il renonce à ses fonctions religieuses et appelle ses fidèles à prêter allégeance à l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique en Iran. Il désavoue implicitement la légitimité religieuse de Moqtada al-Sadr.

Le 29, Moqtada al-Sadr annonce son retrait de la vie politique. Des affrontements qui feront plusieurs dizaines de morts opposent aussitôt, dans la zone verte, les membres de la milice sadriste des Brigades de la paix aux forces gouvernementales, ainsi qu’aux milices pro-iraniennes de la Mobilisation populaire. Des échauffourées sont également signalées dans certaines villes du sud du pays, bastion chiite. L’armée impose le couvre-feu sur l’ensemble du territoire.

— Universalis

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