1er-28 août 2007

Irak. Crise politique et poursuite des violences

Le 1er, les six ministres du Front de la concorde nationale, la principale formation politique sunnite du pays, quittent le gouvernement d'union nationale de Nouri Al-Maliki, insatisfaits des réponses apportées à leurs revendications. En avril, cinq ministres représentant le mouvement chiite de l'imam Moqtada Al-Sadr avaient déjà démissionné.

Le 6, cinq ministres de la Liste nationale irakienne, formation laïque dirigée par l'ancien Premier ministre Iyad Allaoui, annoncent la suspension de leur participation au gouvernement.

Les 8 et 9, Nouri Al-Maliki effectue une visite en Iran, dont les autorités l'assurent de leur soutien et affirment que « l'avenir de la région » dépend de la résolution de la crise irakienne et que « la sécurité et la stabilité en Irak » sont subordonnées au retrait des troupes américaines du pays.

Le 11 et le 20, les gouverneurs chiites de deux provinces du sud du pays, membres du Conseil suprême islamique en Irak (C.S.I.I., ex-Conseil suprême de la révolution islamique en Irak), sont tués dans des attentats à la bombe.

Le 14, quatre attentats au camion piégé provoquent la mort d'au moins quatre cents personnes dans deux villages du nord du pays, principalement peuplés de Yézidi, une minorité de langue kurde et de religion préislamique. Il s'agit de la plus meurtrière série d'attentats en Irak depuis le début de l'intervention américaine en mars 2003.

Le 16, Nouri Al-Maliki annonce la formation d'un nouveau gouvernement. Celui-ci est composé de membres de Dawaa, le parti du Premier ministre, du C.S.I.I., qui constitue la principale formation chiite, et des deux grands partis kurdes, le Parti démocratique du Kurdistan d'Irak et l'Union patriotique du Kurdistan d'Irak. Les États-Unis critiquent l'absence des sunnites au gouvernement, voyant là une entrave à la poursuite de l'objectif de réconciliation nationale.

Du 19 au 21, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner est le premier officiel français de ce rang depuis 1988 à effectuer une visite à Bagdad. Venant « témoigner de la solidarité, de la compassion et du soutien de la France au peuple irakien dans toutes ses composantes », il déclare vouloir « écouter les dirigeants irakiens de toutes les communautés ».

Le 22, la visite en Syrie de Nouri Al-Maliki illustre le réchauffement des relations entre les deux pays.

Le 26, Nouri Al-Maliki annonce être parvenu à un accord avec les diverses factions, dans le but de réintégrer des ministres sunnites dans le gouvernement.

Le 28, dans la ville sainte de Kerbala, des combats qui font au moins cinquante-deux morts opposent des miliciens de l'Armée du Mahdi, fidèle à l'imam chiite Moqtada Al-Sadr, et des combattants de l'organisation chiite Badr, aile militaire du C.S.I.I.

— Universalis

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