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14-27 mai 1988

France. Dissolution et échec des tentatives d'ouvertures

Le 14, François Mitterrand annonce dans une allocution radio-télévisée qu'il a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale, après avoir constaté l'échec de l'ouverture politique qu'il souhaitait et le Premier ministre lui ayant fait savoir qu'il « ne s'estimait pas en mesure de réunir la majorité parlementaire solide et stable dont tout gouvernement a besoin pour mener son action ». Le chef de l'État fixe les élections législatives aux 5 et 12 juin. Les principaux leaders de la droite sont unanimes à dénoncer cette dissolution, à l'exception de Raymond Barre, qui l'approuve et juge que l'ouverture ne doit pas être « précipitée ».

Le 16, le Parti socialiste envisage de réserver une quarantaine de circonscriptions à des candidats, communistes ou centristes, qui condamnent toute « idéologie raciste et xénophobe ». Cependant, l'extrême droite, ainsi visée, menace de représailles au second tour les candidats R.P.R. et U.D.F. qui refuseraient de conclure avec le F.N. des accords de désistement.

Le 17, le R.P.R. et l'U.D.F. concluent un accord électoral qui prévoit la présentation d'un candidat d'union dans la plupart des circonscriptions sous le sigle de l'Union du rassemblement et du centre (U.R.C.). En fait, une vingtaine de « primaires » entre deux candidats soutenus par l'U.R.C. seront organisées, sans compter les primaires « sauvages » provoquées par des personnalités évincées.

Le 18, le P.S. renouvelle ses avances en direction des non-socialistes. Mais la liste des candidats, publiée le 21, ne fait apparaître qu'une trentaine de non-socialistes, dont seulement six personnalités réellement venues du centre ou de la droite.

Le 21, François Mitterrand, dans le discours prononcé à l'Élysée lors de son investiture, insiste à nouveau sur le « devoir politique d'ouverture », soulignant que « ce mois de mai 1988 n'a pas vu les bons l'emporter sur les méchants ni le contraire ». Le chef de l'État estime encore, le 22, à Solutré, qu'« il n'est pas sain qu'un seul parti gouverne ».

Le 27, Michel Rocard, en déplacement électoral en Aquitaine, se « porte garant » de ce qu'une majorité absolue socialiste, largement pronostiquée par les sondages, « ne changera rien » à la volonté d'ouverture du gouvernement.

— Universalis

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