ZHANG ZAI [TCHANG TSAI] (1020-1077)

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Philosophe néo-confucéen, Zhang Zai est l'un des fondateurs, avec les frères Cheng, du système métaphysique qui aboutit à la synthèse de Zhu Xi. Il est le contemporain, légèrement plus jeune, de Zhou Dunyi et de Shao Yong ; sa pensée prend, comme celle de ces derniers, son point de départ dans le Livre des mutations (Yijing), mais pour en tirer des conclusions différentes. Pour Zhang Zai, comme pour les penseurs de l'époque Han, l'élément de base de l'univers est le Souffle ou énergie vitale : le Qi. À l'origine, le Qi se trouve dans un état indifférencié au sein du chaos, c'est l'instant de la Grande Harmonie (Taihuo), qui équivaut au Taiji, le Grand Faîte. Au moment de la création, le chaos s'ouvre et les Souffles se dispersent en se diversifiant. Dans leur forme condensée, ils constituent la matière des choses ; les transformations sont régies par une Raison transcendante, le Li. Dans son état indifférencié, le Qi est encore équivalent au Grand Vide (Taixu), c'est-à-dire qu'il recèle toutes les virtualités de l'Univers. On trouve déjà cette idée dans le Daode jing.

Zhang Zai résume sa synthèse des pensées taoïste et confucéenne dans son essai célèbre : l'Inscription de l'Ouest (Ximing). Comme les autres néo-confucéens, il s'efforce de faire coïncider la morale et l'éthique du confucianisme avec les théories cosmologiques et métaphysiques. L'immanence du Qi comme grand principe universel coïncide, pour lui, avec l'omniprésence du Xing, la Nature innée foncièrement bonne, laquelle s'exprime par la bienfaisance et l'amour (Ren). Mais cela implique-t-il que cette vertu se trouve d'une façon indistincte parmi tous les êtres de l'univers ? L'affirmer reviendrait à mettre en question le principe sacro-saint des distinctions dans les relations humaines telles qu'elles sont exprimées dans les rites. Zhang Zai, comme le fera après lui Zhu Xi, maintient donc que l'amour filial, puisqu'il est la plus forte des manifestations d'amour, relève du Xing cosmique (car aimer ses parents équivaut à aimer le Ciel et la Terre), tandis que les sentiments qu'on éprouve pour d'autres personnes relèvent du Xing physique. Ainsi sont jetées les grandes bases de la morale confucéenne moderne.

—  Kristofer SCHIPPER

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section, sciences religieuses)

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CHENG HAO [TCH'ENG HAO] (1032-1085) & CHENG YI [TCH'ENG YI] (1033-1108)

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  • Kristofer SCHIPPER
  •  • 385 mots

Les deux frères Cheng sont, avec Zhu Xi, les penseurs les plus importants du néo-confucianisme. Élevés dans le milieu des philosophes de l'époque (ils sont élèves de Zhou Dunyi, amis de Shao Yong et neveux de Zhang Zai), ils reprennent les enseignements de ces sages pour les organiser en un système philosophique ; ainsi est-ce avec eux que le néo-confucianisme commence en tant qu'école. La pensée […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/cheng-et-cheng/#i_48780

Pour citer l’article

Kristofer SCHIPPER, « ZHANG ZAI [TCHANG TSAI] (1020-1077) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/zhang-zai-tchang-tsai/