YAKṢA

Le monde intermédiaire entre les hommes et les dieux est, dans la mythologie hindoue tant ancienne (védique) que moderne, peuplé d'une foule d'êtres aux fonctions diverses. Nymphes et dryades (apsaras), musiciens aériens (gandharvas), piétailles divines (tels les maruts, troupe militaire au service d'Indra) cohabitent avec des démons (rākṣasas) et des êtres ambivalents, tels les dragons (nāgas) et les génies (yakṣa). Ces derniers, dont l'existence est attestée dès les textes les plus anciens du Veda et dont le culte s'est perpétué sans interruption jusqu'à nos jours, hantent de préférence le domaine végétal (principalement les arbres), dont ils semblent être les gardiens. Ce ne sont pourtant pas de simples faunes, mais des dieux mineurs qui volent dans les branches à la manière des oiseaux, chantent et dansent, portent des guirlandes et se manifestent aux hommes de leur choix comme de merveilleuses apparitions lumineuses (tel est le sens premier du mot sanskrit yakṣa) dont la beauté ravit le cœur. C'est ce ravissement que les théologiens tiennent pour pernicieux : la pensée hindoue mettant toujours en avant la prise de conscience, l'intériorisation, l'approfondissement spirituel, tout ce qui vise à distraire l'homme, à lui faire oublier sa condition mortelle apparaît comme une manifestation du mal. Le favori des yakṣa (et de leurs doubles féminins les yakṣī) ne peut espérer de leur commerce que gagner, au mieux, de vivre après sa mort en leur compagnie : les jouissances qu'il en retirera seront à la fois transitoires (elles finiront avec le cycle cosmique) et dérisoires (par comparaison avec la béatitude éternelle que connaît l'âme libérée de toute forme d'existence). Mais le commun des mortels recherche, encore de nos jours, à se concilier les faveurs des yakṣa et yakṣī, que l'on vénère dans la jungle par des offrandes déposées au pied de certains arbres : on espère notamment obtenir d'eux la prospérité matérielle (surtout agricole) et la fécondité des femmes et des animaux domestiques.

—  Jean VARENNE

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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Lyon-III

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Dans le chapitre « Iconographie jaïna »  : […] Ceux-ci vont par couples ; il y en a donc quarante-huit, vingt-quatre masculins (Yakṣa ; quoique le terme employé soit le même, ces personnages ne doivent pas être confondus avec les Yakṣa panindiens mentionnés plus haut) et vingt-quatre féminins (Yakṣiṇī ou Śaśanadevatā), parfaitement différenciés les uns des autres par leurs gestes, attributs et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/inde-arts-et-culture-l-art/#i_43283

Pour citer l’article

Jean VARENNE, « YAKṢA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/yaksa/