WUDI [WOU-TI] empereur de Chine (-140--87)

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La dynastie des Han a posé les bases de l'Empire chinois, et Wudi en fut le souverain le plus glorieux. Sous son long règne, la Chine, enrichie et prospère, semble exploser de vitalité. Contre les Xiongnu, ce peuple nomade que n'avait pu contenir la politique d'accommodement de ses prédécesseurs, Wudi passe à l'offensive. Il lance au nord-ouest ses meilleurs généraux, à la tête de puissantes armées qui pourchassent les Barbares avec leurs propres armes, sur leurs propres terres. Pour prendre l'ennemi à revers, il essaie de s'allier aux populations du Turkestan. Les voyages de l'explorateur Zhang Qian au Fergana et en Bactriane révèlent à la Chine un monde inconnu. Sur les pas des premiers découvreurs s'avancent bientôt les armées, que suivent marchands et aventuriers. Par l'est aussi, Wudi cerne les nomades en occupant la Corée (~ 108). Vers le midi enfin, une irrésistible poussée renverse les royaumes indépendants, et les Han occupent Canton, capitale du Nanyue dont le pouvoir s'étendait jusqu'en Indochine. Partout sont établies des commanderies qui relèvent directement du pouvoir central.

À l'expansion correspond la consolidation des institutions. Wudi achève de briser la puissance des grands féodaux et s'entoure de conseillers d'origine modeste, recrutés dans les villages pour leurs talents et soumis au contrôle d'un premier système d'examen. La renaissance du confucianisme consacre la prééminence de l'enseignement des classiques. Wudi crée ou restaure de grands cultes, notamment les sacrifices feng et shan, tandis que le Bureau de la musique (Yuefu) stimule et renouvelle la musique et la poésie. De grands écrivains, comme Sima Xiangru, sont l'ornement de la cour.

Ce superbe dynamisme a son revers. Malgré l'extension des surfaces cultivées et le percement de nombreux canaux, les ressources de l'État restent insuffisantes. Il faut recourir à des expédients : vente de titres nobiliaires, rachat des peines, refonte de la monnaie, monopole du fer et du sel, lourde taxation des profits commerciaux. Cependant, les guerres lointaines, le poids de l'administration, les dépenses de prestige ne cessent de harasser les populations : dans les dernières années du règne éclatent des révoltes de la misère.

—  Jean-Pierre DIÉNY

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Pour citer l’article

Jean-Pierre DIÉNY, « WUDI [WOU-TI] empereur de Chine (-140--87) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wudi-wou-ti-empereur-de-chine/