Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

USUTU VIRUS

L’infection par le virus Usutu chez l’homme

Le risque zoonotique associé à USUV a été initialement décrit en Afrique. Le premier cas humain d’infection fut rapporté en République centrafricaine dans les années 1980 et un second cas a été diagnostiqué au Burkina Faso en 2004. Ces patients présentaient une symptomatologie classique de certaines arboviroses : un ictère fébrile associé à une éruption cutanée. Mais l’absence de suivi des infections liées à USUV en Afrique ne permet pas de conclure sur le tableau clinique avec un si faible nombre de cas identifiés. En Europe, l’émergence récente d’épizooties s’est également accompagnée de descriptions de cas d’infections chez l’homme. Ainsi, on y dénombre à ce jour vingt-huit cas d’infection aiguë par USUV, principalement en Italie ; une quinzaine de complications neurologiques de type encéphalite (inflammation de l’encéphale) ou méningo-encéphalite (inflammation de l’encéphale et des méninges) ont été rapportées chez des patients immunodéprimés mais aussi chez des individus immunocompétents. Ces cas d’infections aiguës ne reflètent cependant pas le spectre réel des infections humaines, les études ayant été conduites sur des cohortes présentant des signes d’infections neurologiques plus ou moins sévères. Par ailleurs, la description, en 2018, en France, d’un cas atypique de paralysie faciale suggère que le spectre clinique des infections dues au virus Usutu n’est pas complètement connu. Quelques trop rares études de séroprévalence, notamment en Allemagne et en Italie, chez des donneurs de sang, viennent étayer l’hypothèse d’une exposition non négligeable de l’homme au risque d’infection par USUV (entre 0,02 et 1,1 p. 100 chez des donneurs de sang sains).

Le diagnostic d’infection à USUV chez l’homme est en effet délicat. Il repose sur la détection de l’ARN viral dans le sang et le liquide céphalo-rachidien (LCR) par réaction en chaîne par polymérase inverse (RT-PCR) et sur l’isolement du virus en culture cellulaire et (ou) la détection d’anticorps antiviraux dans le sérum et le LCR des patients. À ce jour, aucun test commercial de diagnostic de l’USUV n’est disponible. Les sérologies USUV sont réalisées par des tests ELISA ou des approches d’immunofluorescence à partir d’antigènes viraux ou de souches virales en culture. Ces tests souffrent néanmoins d’un manque de spécificité et doivent être systématiquement confirmés par des approches de séroneutralisation pour exclure les réactions sérologiques croisées d’anticorps spécifiques d’autres représentants des flavivirus, plus particulièrement le WNV, également endémique en Europe. Différentes techniques de RT-PCR ont été décrites et certaines approches de PCR ont été développées afin d’être spécifiques des séquences d’USUV ciblant une région conservée du gène NS5, commun à ces virus.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : virologiste, maître de conférences, université de Montpellier

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Cycle de transmission des virus Usutu et du Nil occidental (WNV)

Cycle de transmission des virus Usutu et du Nil occidental (WNV)

Structure et organisation du génome du virus Usutu

Structure et organisation du génome du virus Usutu

Virus Usutu en Europe

Virus Usutu en Europe

Voir aussi