VIERGE DANIEL URRABIETA dit DANIEL (1851-1904)

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Fils d'un illustrateur espagnol connu, Vicente Urrabieta Ortiz — qui encouragea sa vocation de dessinateur —, Daniel Vierge fut élève à l'École des beaux-arts de Madrid en 1864. Il vint avec sa famille s'installer à Paris peu avant la guerre de 1870 et commença à signer du nom de jeune fille de sa mère afin d'éviter d'être confondu avec son père. Charles Yriarte l'enrôla dans l'équipe du Monde illustré, où ses premiers dessins parurent en 1870. Illustrateur prolifique, il participa au renouveau artistique du bois gravé en reprenant la technique du bois de teinte venue de Gustave Doré et en donnant à ses dessins un graphisme expressif et vigoureux, bien supérieur au croquis de presse de l'époque. Puis il se tourna vers l'illustration des livres de Victor Hugo (édition Hugues de L'Homme qui rit en 1875 et des Travailleurs de la mer en 1876) et de Michelet (Histoire de France, en 26 volumes, et La Révolution française, à partir de 1876), avec un talent qui le fit surnommé par Henri Béraldi le « Verdi de l'illustration ».

Cette carrière rapide d'un illustrateur prolifique prit un tour tragique lorsque, après une première attaque en 1879, Vierge fut atteint d'hémiplégie en février 1881, alors qu'il achevait les dessins du reportage sur la fête des quatre-vingts ans de Victor Hugo ; aphasique et amnésique, paralysé du côté droit, il réapprit à dessiner, en utilisant sa main gauche, et poursuivit une seconde carrière au Monde illustré à partir de 1883. Ses dessins pour Don Pablo de Ségovie de Quevedo (exécutés en 1881) furent récompensés à l'Exposition universelle de 1889. Il illustra encore L'Espagnole de Bergeret en 1891, Les Aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand en 1897 et, de Mérimée, Colomba en 1904 et Les Âmes du purgatoire en 1910.

Dans sa dernière manière, son œuvre, appréciée d'amateurs avertis tels que Roger Marx (L'Image, mars 1897), devint difficile à rendre pour les graveurs, et il fallut parfois faire appel à la reproduction photogravée, tant était grande la marge d'interprétation que sa facture large et tachiste laissait au praticien chargé de transcrire son dessin sur le bois. L'aboutissement de son œuvre fut l'illustration de Don Quichotte, sur les traces duquel il fit un dernier voyage en Espagne, laissant à sa mort une série de dessins qui ne devaient être publiés par Hachette qu'en 1909, cinq ans après la mort de l'artiste.

—  Ségolène LE MEN

Écrit par :

  • : professeur des universités, membre de l'I.U.F., professeur d'histoire de l'art contemporain à l'université de Paris-ouest Nanterre-La Défense

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Pour citer l’article

Ségolène LE MEN, « VIERGE DANIEL URRABIETA dit DANIEL - (1851-1904) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vierge-daniel-urrabieta-dit-daniel/