HARLAN VEIT (1899-1964)

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Acteur, scénariste et surtout réalisateur allemand, le plus célèbre du cinéma nazi. Fils d'un romancier et auteur dramatique, Veit Harlan débute après la guerre de 1914-1918 comme comédien à la Volksbühne, poursuit sa carrière au Volkstheater, et joue dans une série de films à partir de 1927. L'avènement du nazisme, l'arrivée de Goebbels au poste de ministre de l'Information et de la Propagande, enfin l'exil des grands metteurs en scène allemands vont lui offrir sa chance : deux films en 1935, quatre en 1936, trois en 1937, dont le dernier, Le Crépuscule (Der Herrscher), le conduit à la gloire officielle ; il est salué en grande pompe comme « le plus grand metteur en scène du monde », pas moins ! Son Herrscher, c'est-à-dire le maître, le patron, exaltait le chef, en qui Hitler se reconnaissait. Thea von Harbou, qui avait laissé son mari Fritz Lang quitter seul le Reich, en avait signé le scénario. Elle en écrit deux autres que Harlan tourne en 1938, l'année de Munich : Jeunesse (Jugend), à la gloire de la jeunesse en révolte contre la tradition bourgeoise chrétienne, et Sans laisser de traces, ou encore Traces effacées (Verwehte Spuren), une attaque discrète contre la France. Dans ces deux films, et désormais pour tout le reste de sa production (donc en tout dans dix-sept films sur les vingt), il donne la vedette à sa femme, Kristina Söderbaum. Le Voyage à Tilsit (Die Reise nach Tilsit, 1939), et surtout quatre films le portent au faîte de la gloire : Le Juif Süss (Jud Süss, 1940), véritable archétype de l'antisémitisme prôné par le régime nazi, et film d'autant plus pernicieux qu'il est bien construit, bien réalisé et joué ; Le Grand Roi (Der grosse Köning, 1942), alias Frédéric II ; La Ville dorée (Die goldene Stadt, 1942) ; Le Lac aux chimères (Immensee, 1943), les deux derniers exaltés pour la réussite de leurs couleurs, le premier antitchèque, le second lyriquement germanique. Tous les pays occupés par les armées nazies ont projeté ces films avec force slogans publicitaires. Offrande au bien-aimé (Opfergang, 1944) arrive avec la débâcle, et Kohlberg (1945) avec la chute de Hitler, qui entraîne celle de Veit Harlan.

Non sans protestation des milieux de gauche allemands, Harlan revient au studio en 1950 et tourne encore neuf films avant de se retirer en 1959 pour écrire ses Mémoires, qui ne paraîtront que deux ans après sa mort : À l'ombre de mes films (Im Schatten meiner Filme, 1966). Il s'efforce d'y montrer qu'il n'a jamais été un militant nazi mais une victime.

—  Victor BACHY

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SÖDERBAUM KRISTINA (1912-2001)

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Actrice allemande d'origine suédoise. Venue en Allemagne pour tenter sa chance comme actrice elle devient l'épouse et l'actrice de prédilection de Veit Harlan, cinéaste officiel du régime nazi. On la voit donc tour à tour dans Jeunesse (1938), Le Juif Süss (1940), La Ville dorée (1942), Offrande au bien-aimé (1944), Kolberg (1945), autant de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kristina-soderbaum/#i_16976

Pour citer l’article

Victor BACHY, « HARLAN VEIT - (1899-1964) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/veit-harlan/