URUGUAY, fleuve

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Prenant naissance au Brésil à une cinquantaine de kilomètres de l'Atlantique, sur le rebord occidental de la serra Geral près de Pelotas, le fleuve Uruguay vient confluer avec le Paraná au fond du río de la Plata. Sa vallée, longue de 1 600 kilomètres, s'enfonce d'abord sur environ 300 kilomètres dans les tables de grès et de basalte du Brésil méridional qui marquent la limite entre les États de Santa Catarina et de Rio Grande do Sul ; elle sert ensuite de frontière entre l'Argentine et le Brésil, puis l'Uruguay à partir de la confluence avec le río Cuareim. Son bassin-versant, relativement réduit (350 000 km2), est abondamment et régulièrement arrosé, de sorte que le río Uruguay a un débit soutenu (module annuel : 5 000 m3/s) et rapide. Son cours constitue une véritable barrière naturelle car les seuils rocheux qui le jalonnent en aval des spectaculaires chutes de Mocona (Misiones) interdisent toute navigation régulière. Seul se maintient un petit cabotage local pour le transport des bois et du riz le long de la rive brésilienne, dont la mise en valeur est beaucoup plus intense que celle de la rive argentine de Misiones et du nord de Corrientes, restée déshéritée. C'est l'inverse à partir de Paso de los Libres-Uruguaiana, les villes jumelles qui doivent leur fortune à un pont routier reliant les deux pays, passage pendant longtemps obligé d'un trafic terrestre intense entre les régions de Rosario-Buenos Aires et celles de São Paulo-Rio de Janeiro. En aval, un dernier seuil basaltique offre un remarquable site de barrage sur les rapides de Salto Grande. L'Argentine et l'Uruguay ont repris en 1973 un vieux projet et ont réalisé conjointement le barrage de Salto Grande, à la hauteur de Salto, en Uruguay, et de Concordia, en Argentine. Ce barrage, achevé en 1983, remplit la fonction de pont entre les deux pays et sa centrale hydroélectrique couvre 60 p. 100 des besoins uruguayens et apporte un complément d'énergie à Buenos Aires ; la capacité installée est de 1890 MW. Au-delà, à 320 kilomètres de l'embouchure, le fleuve devient accessible aux barges à faible tirant d'eau, qui viennent charger, dans les villes des deux rives, des viandes congelées et des céréales. Les navires de haute mer atteignent Paysandú, en Uruguay, à 210 kilomètres de l'océan.

—  Romain GAIGNARD

Écrit par :

  • : maître assistant des facultés des lettres et sciences humaines, professeur à l'université nationale de Cuyo-Mendoza, Argentine

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Pour citer l’article

Romain GAIGNARD, « URUGUAY, fleuve », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/uruguay-fleuve/