RICHARDSON TONY (1928-1991)

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En 1956, la pièce de John Osborne, Look Back in Anger (La Paix du dimanche), enflamme le public de la Royal Court. Dirigée par Tony Richardson, codirecteur de la salle, cette œuvre va susciter tout un mouvement artistique, qui conteste l'establishment : les Jeunes Gens en colère seront des « hussards » aux préoccupations sociales affirmées. La contestation allait gagner le milieu du cinéma : Tony Richardson signe l'adaptation de la pièce d'Osborne (Les Corps sauvages, 1959) et devient le chef de file d'un mouvement appelé Free Cinema. Associé aux réalisateurs Lindsay Anderson et Karel Reisz (avec lesquels il avait fondé, dès 1958, la revue cinématographique Sequence), il fonde la compagnie Woodfall qui produira les films les plus représentatifs de ce courant. Tony Richardson réalise Le Cabotin (1960) d'après John Osborne, Un goût de miel (1961) et, surtout, l'étonnant La Solitude du coureur de fond (1962). Il innove techniquement, déstructure le récit conventionnel et ouvre la voie à des réalisateurs tels que Mike Leigh ou Kenneth Loach.

L'Amérique, attirée dans les années 1960 par le cinéma européen, lui fait un pont d'or : Tony Richardson tourne deux adaptations littéraires : un Tom Jones, formidable de culot et de verve (1963) d'après Fielding, et Le Cher Disparu (1965), amusante satire d'après le roman d'Evelyn Waugh. Il déçoit considérablement, en revanche, en tournant Sanctuaire (1961), pesante illustration de l'œuvre de Faulkner. De retour en Angleterre, il réalise un film d'après un scénario de Jean Genet (Mademoiselle, 1966) et adapte Marguerite Duras (Le Marin de Gibraltar, 1967). Ces deux films, tous deux avec Jeanne Moreau pour vedette, ne sont pas très bien accueillis, et Tony Richardson ne retrouve le succès public et critique qu'avec La Charge de la brigade légère (1968), film antihollywoodien où tous les protagonistes de la bataille de Balaklava – interprétés par le gotha des comédiens anglais (Trevor Howard, Vanessa Redgrave, John Gielgud) – sont entraînés dans une dérisoire foire aux vanités. Le reste de sa carrière est inégal. Distinguons Ned Kelly (1970), avec Mick Jagger, une nouvelle adaptation d'Hamlet (1969) et, L'Hôtel New Hampshire (1984), d'après John Irving. Il a également réalisé une adaptation d'un autre roman de Fielding, Joseph Andrews (1977).

—  André-Charles COHEN

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André-Charles COHEN, « RICHARDSON TONY - (1928-1991) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tony-richardson/