TIMOLÉON (env. 410-env. 337 av. J.-C.)

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Aristocrate corinthien, Timoléon reçut en ~ 345 le commandement d'une petite troupe de mercenaires avec laquelle il se rendit en Sicile, à l'appel des exilés syracusains qui souhaitaient rentrer chez eux. Syracuse était alors la proie de graves difficultés : non seulement la menace carthaginoise, enrayée par Denys l'Ancien, était redevenue particulièrement grave, mais surtout, à l'intérieur de la cité, des factions s'opposaient, appuyées sur la force des mercenaires. Après l'élimination de Dion de Syracuse en ~ 354, deux prétendants s'affrontaient : Denys le Jeune, qui avait réussi à reprendre pied dans la citadelle d'Ortygie, et Hikétas, qui comptait sur l'appui d'une armée carthaginoise pour se rendre maître de la cité. Timoléon réussit à vaincre Hikétas, puis contraignit Denys à abandonner Syracuse. Maître de la cité, il reprit d'abord l'offensive contre les Carthaginois dont il triompha à la bataille du fleuve Crimisos. Il entreprit ensuite une œuvre de réorganisation politique, contraignant les tyrans des cités grecques de l'île à renoncer au pouvoir, ce qui lui permit de rétablir l'hégémonie de Syracuse sur la Sicile orientale, et remodelant les institutions syracusaines dans le sens d'une oligarchie modérée. Mais l'essentiel de son œuvre consista à recoloniser la Sicile dévastée par vingt années de guerres incessantes. Pour cela, il fit appel à des colons venus de Corinthe, la métropole de Syracuse, mais aussi d'autres régions du monde grec ; et les fouilles ont révélé l'importance de cette reconstruction matérielle, sur laquelle insistaient déjà les auteurs anciens comme Plutarque ou Diodore. Doté par ses concitoyens de pleins pouvoirs, Timoléon, devenu presque aveugle, se retira spontanément de la vie politique. Pour importante qu'elle ait été sur le plan matériel, son œuvre ne devait pas lui survivre. Son rêve de reconstruction d'une cité de type ancien ne pouvait s'appliquer à une Sicile bouleversée par plus d'un demi-siècle de tyrannies et de luttes civiles, où les mercenaires étaient devenus l'élément prépondérant dans la vie des cités, et qui annonçait déjà par ses structures le monde hellénistique.

—  Claude MOSSÉ

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Dans le chapitre « Les guerres contre les Grecs »  : […] En 480, Carthage, battue à Himère par Gelon, tyran de Syracuse, évacue la Sicile à l'exception de Motye, tandis que la flotte perse, en grande partie formée de contingents phéniciens, est écrasée à Salamine. Les rois Magonides se replient sur l'Afrique et mettent leur territoire en valeur. Le roi Hannon dirige deux expéditions maritimes de prospection, l'une vers l'Afrique tropicale, l'autre vers […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/carthage/#i_1340

SICILE

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Dans le chapitre « Les difficultés et la fin de la Sicile grecque (IVe-IIIe siècle av. J.-C.) »  : […] Le danger carthaginois reparut à la fin du v e  siècle ; les cités furent ravagées, et les Puniques contrôlèrent désormais le tiers occidental de l'île. L'histoire de la Sicile s'identifie alors avec celle de Syracuse, seule capable de s'opposer à Carthage. Pourtant, toutes les tentatives d'unification finirent par échouer. Le tyran Denys l'Ancien (405-367), maître de l'île, exerça son hégémonie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sicile/#i_1340

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Claude MOSSÉ, « TIMOLÉON (env. 410-env. 337 av. J.-C.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/timoleon/