KOCHER THEODOR EMIL (1841-1917)

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Chirurgien suisse, prix Nobel de physiologie et de médecine en 1909. Docteur en médecine de la faculté de Berne, étudiant brillant, Kocher se rend à Berlin, à Paris et à Londres pour y chercher un poste et compléter sa formation de chirurgien. Il se forme au contact de grands chirurgiens, ce qui lui permet de développer sa propre pratique chirurgicale. De 1872 à 1911, il est professeur de chirurgie à Berne et directeur de la clinique chirurgicale de cette ville.

Le goitre, une des manifestations des troubles de la glande thyroïde, est souvent, à l’époque en Suisse, soigné par l’ablation de celle-ci. Cette procédure est très risquée, elle provoque une lourde mortalité ; elle est d’ailleurs interdite par l’Académie de médecine française. Kocher se spécialise dans la pathologie, la physiologie et la chirurgie de la glande thyroïde et, en 1878, il pratique la première thyroïdectomie sûre. Son style opératoire, lent et précis, minimisant les pertes de sang, utilisant l’antisepsie et l’asepsie opératoires, lui permet de faire baisser le taux de mortalité. En 1912, il avait opéré avec succès plus de cinq mille goitres. Fervent partisan de l'asepsie chirurgicale, il attribue à celle-ci la réussite de la plupart de ses opérations (Die antiseptische Wundbehandlung, 1881). En 1883, avec J. L. Reverdin, il note que l’intervention sur la glande thyroïde peut avoir des conséquences sur la santé à moyen terme des patients opérés. Il observe ainsi la cachexie strumiprive, nom pompeux pour désigner une forme de crétinisme, qui apparaît après l'extirpation du goitre et la rattache à une insuffisance thyroïdienne. De ce fait, ces deux chirurgiens suisses sont à l'origine des premiers travaux d'endocrinologie et du traitement de l’hypothyroïdie par des extraits de thyroïde animale, porc et mouton. Ils ont également montré que l'exérèse des glandes parathyroïdes, qui survient en même temps que l’extirpation totale de la thyroïde, pouvait causer la mort.

Kocher est également célèbre comme spécialiste de la chirurgie de l'estomac, de la vésicule biliaire, du cerveau, et pour sa mise au point d'une méthode de réduction des fractures de l'épaule. Il a étudié la curabilité du cancer de l'estomac, celle des ostéomyélites, la prévention du crétinisme, et inventé des pinces à griffes qui portent son nom. Son enseignement était très suivi et se retrouve dans Vorlesungen über chirurgische Infektionskrankheiten (1885), dans Chirurgische Operationslehre (1894) et dans l'Encyclopädie der Chirurgie (en collaboration avec Quevrain, 1901).

—  Jacqueline BROSSOLLET

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ENDOCRINOLOGIE

  • Écrit par 
  • Jacques DECOURT
  •  • 3 846 mots

Dans le chapitre « Premières démonstrations expérimentales »  : […] On connaissait, depuis la plus haute antiquité, les effets de la castration, communément pratiquée chez l'homme. Mais Berthold, le premier, en 1849, démontra expérimentalement l'action des testicules sur la composition du sang en pratiquant chez le coq des castrations et des transplantations de la glande. Avant même que Claude Bernard eût établi et formulé la notion de « sécrétion interne », Vulp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/endocrinologie/#i_2425

Pour citer l’article

Jacqueline BROSSOLLET, « KOCHER THEODOR EMIL - (1841-1917) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/theodor-emil-kocher/