STANLEY sir HENRY MORTON (1841-1904)

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Journaliste et explorateur anglais, enfant naturel de John Rowlands et enregistré lui-même sous le nom de John Rowlands, il connaît une enfance malheureuse dans un work-house (1847-1856) d'où il s'enfuit, trouvant refuge chez divers parents avant de s'embarquer pour les États-Unis (1859). À La Nouvelle-Orléans, il fait la connaissance du négociant en coton Henry Stanley, qui le traite comme son fils et dont il prend le nom. Mais la mort soudaine de son père adoptif le laisse à nouveau sans ressources (1861). Il participe à la guerre de Sécession, d'abord dans les rangs sudistes, puis chez les nordistes après qu'il eut été fait prisonnier à la bataille de Shiloh (1862). La paix rétablie, il devient journaliste et est envoyé en Abyssinie par le New York Herald pour suivre les opérations du corps expéditionnaire anglais du général Napier contre le négus Théodoros (1867-1868), mission dont il s'acquitte avec talent et efficacité.

Cette première expérience africaine explique que Gordon Bennett, le directeur du New York Herald, le charge de retrouver mort ou vif l'explorateur Livingstone dont on était sans nouvelles. Disposant de gros moyens matériels et financiers, il organise, à partir de Zanzibar, une expédition puissamment armée qui atteint le lac Tanganyika après un voyage rendu difficile par les pluies, les fièvres et les attaques des indigènes (mars-oct. 1871). Il rejoint Livingstone à Oudjidji, mais ne peut le décider à revenir avec lui en Europe.

Stanley et Livingstone

Photographie : Stanley et Livingstone

Le journaliste et explorateur britannique Henry Stanley (1841-1904) retrouve à Oudjidji, en 1871, le missionnaire David Livingstone (1813-1873) dont on était sans nouvelles. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Henry Morton Stanley

Photographie : Henry Morton Stanley

L'explorateur et journaliste britannique Henry Morton Stanley (1841-1904), en compagnie de son boy Kalula, en 1871. 

Crédits : London Stereoscopic Company/ Getty Images

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Au début de 1874, quand il apprend la mort de Livingstone, il décide de compléter les explorations du célèbre missionnaire en Afrique centrale. Aidé financièrement par le New York Herald et le Daily Telegraph, il rassemble une véritable petite armée de trois cent soixante hommes et quitte Zanzibar le 11 novembre 1874. Il commence par préciser les découvertes de Speke et Baker sur les sources du Nil, explorant systématiquement les rivages du lac Victoria et remontant en partie le cours de la Kagera qui est une des branches du haut Nil (1875-1876). S'enfonçant vers l'ouest, il atteint le Loualaba, découvert par Livingstone en 1871, et décide de le descendre jusqu'à son embouchure afin de l'identifier de façon certaine. Alternant la navigation fluviale et le portage, et repoussant, les armes à la main, les nombreuses attaques des riverains, il explore ainsi pour la première fois le cours du Congo jusqu'à l'estuaire qu'il atteint le 9 août 1877.

Le gouvernement britannique éludant ses propositions de mise en valeur du bassin du Congo, Stanley est amené à accepter les offres de service du roi des Belges Léopold II qui, sous le couvert de l'Association internationale africaine, cherche à se créer une zone d'influence en Afrique centrale. De 1879 à 1884, Stanley explore, colonise et administre pour le compte de l'Association, signant des traités avec les chefs locaux de la rive gauche du fleuve, construisant des routes et des forts, organisant la navigation fluviale ; créant, en un mot, les conditions d'existence de ce qui sera l'État indépendant du Congo (1885), puis le Congo belge (1908). De 1887 à 1889, il dirige sa dernière expédition africaine, organisée pour secourir Emin Pacha (Eduard Schnitzer), gouverneur de la province soudanaise d'Equatoria, isolé par les Madhistes près du lac Albert. Par le Congo et l'Arouhouimi, il le rejoint (avr. 1888) et en profite pour mettre un point final au problème des sources du Nil : il explore les lacs Albert et Édouard et établit que la rivière Semliki qui les joint est une autre branche du haut Nil. Sur le chemin du retour vers Zanzibar, il signe divers traités avec les chefs de la région, jetant les bases de la future Afrique orientale anglaise (1889).

Les découvertes géographiques de Stanley — synthèse de l'œuvre de ses prédécesseurs —, parce qu'elles ouvrent à l'Europe le cœur de l'Afrique, ont rendu possible le scramble for Africa, la « course au clocher », qui aboutira, en quelques années, au partage du continent entre les principales puissances européennes. Par son énergie parfois brutale, son esprit réaliste, la puissance des moyens qu'il met en œuvre, ses liens étroits avec le monde de la presse, de la politique et de l'économie, Stanley, tout comme Cecil Rhodes, symbolise l'épisode de l'impérialisme colonial triomphant de la fin du xixe et du début du xxe siècle. Il a laissé un certain nombre d'ouvrages, parmi lesquels on peut citer How I Found Livings [...]

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Jean-Marcel CHAMPION, « STANLEY sir HENRY MORTON - (1841-1904) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/stanley-sir-henry-morton/