SMITH JOHN (1938-1994)

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La disparition subite du leader du Parti travailliste britannique, le 12 mai 1994, a été un choc d'autant plus rude que cet homme de cinquante-six ans paraissait déjà à nombre d'observateurs, aiguillonnés par les sondages d'opinion, comme le successeur le plus probable du Premier ministre conservateur John Major, celui qui mettrait fin à la longue traversée du désert que connaît son parti depuis 1979. Il avait remplacé Neil Kinnock en juillet 1992, au lendemain des malheureuses élections générales d'avril. Cette désignation fut le fait d'un collège électoral où les syndicats lui apportèrent l'essentiel de leurs 40 p. 100 de mandats et le groupe parlementaire 91 p. 100 des siens ; elle fut celle d'un Écossais connu pour sa modération et son orthodoxie financière, et avait alors clairement signifié la volonté des travaillistes de continuer de soutenir le programme de “recentrage” du parti et son réformisme social-démocrate, selon les orientations choisies après 1983.

Avocat — profession qui n'avait plus été représentée à la tête du parti depuis 1955 —, il était venu au travaillisme, comme beaucoup de ses compatriotes écossais avant lui, par le christianisme social, et l'avait rejoint dès l'âge de seize ans. Ayant fréquenté un lycée, puis l'université de Glasgow, il n'avait aucune attache avec les prestigieux établissements scolaires et universitaires qui ont longtemps formé l'élite britannique. Élu de la circonscription de Monklands-Est, dans le Grand Glasgow, la dernière fois en 1992 avec 61 p. 100 des suffrages, il avait commencé sa carrière gouvernementale en 1974 par des postes de sous-secrétaire d'État et l'avait poursuivie sous la direction de James Callaghan, en 1978, comme ministre du Commerce avec rang dans le cabinet. En 1988, il accède, dans le cabinet fantôme travailliste, aux Affaires financières et économiques et devient donc le chancelier de l'Échiquier désigné en cas de victo [...]


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Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne nouvelle

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TRAVAILLISME

  • Écrit par 
  • Monica CHARLOT
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Dans le chapitre « Premières réformes des structures »  : […] Neil Kinnock entreprend alors la modernisation de son organisation pour la rendre plus efficace. L'audit de l'état de l'appareil du parti, au lendemain de la défaite de 1983, a révélé des structures de direction « trop lourdes », « inefficaces » et « non professionnelles ». La douzaine de départements internes est réduite à trois : publicité, organisation, recherche – tous placés sous l'autorité d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/travaillisme/#i_11373

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21 juillet 1994 • Royaume-UniÉlection de Tony Blair à la tête du Labour.

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Pour citer l’article

Roland MARX, « SMITH JOHN - (1938-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/smith-john-1938-1994/