MAJOR JOHN (1943- )

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John Major est un homme politique britannique et fut Premier ministre du Royaume-Uni de 1990 à 1997.

Il est né le 29 mars 1943 dans le Surrey. De souche modeste, il quitte l'école secondaire à quinze ans et finit par entrer, à vingt et un ans, à la Standard Chartered Bank, où il se spécialise dans les relations publiques et où il restera jusqu'en 1979. Parallèlement, il est conseiller municipal conservateur de Lambeth de 1968 à 1971. Candidat malheureux aux deux élections générales de 1974, il n'entre aux Communes qu'avec la première victoire de Margaret Thatcher (1979). Une fois député, sa carrière politique progresse rapidement ; en 1985, il devient ministre adjoint à la Sécurité sociale ; et, après les élections de 1987, encore triomphales pour Margaret Thatcher, il rejoint le cabinet avec le titre de Chief Secretary (ministre du Budget, adjoint du chancelier de l'Échiquier) ; il le restera jusqu'en juillet 1989 ; ministre des Affaires étrangères pour une courte période de trois mois, il est nommé chancelier de l'Échiquier en octobre, après la démission retentissante de Nigel Lawson ; il le restera jusqu'au départ brutal de Margaret Thatcher.

Margaret Thatcher quitte la scène politique le 28 novembre 1990. Au premier tour d'une élection de leader provoquée par un mécontentement sourd au sein des députés conservateurs, de plus en plus conscients de l'impopularité de leur parti, il lui a manqué quatre voix pour obtenir la majorité qualifiée nécessaire. Après une journée d'hésitation, elle renonce à se présenter au deuxième tour ; ce qui permet à John Major de se lancer dans la bataille. Il arrive en tête avec 185 voix, contre 131 à Michael Heseltine (qui a fait chuter Thatcher au premier tour) et 56 à Douglas Hurd, sans atteindre la majorité absolue requise. Néanmoins, il n'y aura pas de troisième tour, ses deux adversaires s'étant désistés en sa faveur pour ne pas diviser le parti davantage. Bien qu'ayant voté pour lui, les thatchériens ne lui pardonneront pas d'avoir, avec si peu de ménagements, pris la place de leur héroïne.

La carrière de John Major comme Premier ministre (6 ans, 6 mois, 4 jours) peut être divisée en deux phases distinctes : une phase ascendante, qui va de son accession au pouvoir jusqu'à l'automne de 1992 ; une phase descendante, qui va de septembre 1992 à son écrasante défaite aux élections du 1er mai 1997. Gouvernant avec une majorité, ample certes, mais qu'il doit à son prédécesseur, Major s'efforce de ressouder les différentes factions du parti (Heseltine revient dans le cabinet avec un poste important). Progressivement, il renonce aux mesures qui ont rendu Thatcher impopulaire ; la poll-tax, qui divise si profondément le parti et le pays, est remplacée. Enfin, renouant avec les partenaires européens, il proclame qu'il veut mettre la Grande-Bretagne « au centre de l'Europe » et participe positivement à la préparation du traité de Maastricht, tout en négociant des aménagements (opt-outs) de taille pour son pays, notamment la dispense d'adhérer à la monnaie unique. Aussi, en dépit de sondages défavorables, John Major remporte les élections du 8 avril 1992. Mais la majorité conservatrice passe de 100 sièges à 21 et, comme les eurosceptiques les plus farouches sont une trentaine au sein du parti tory, la ratification de Maastricht ne va pas de soi ; surtout après le 2 juin, lorsque le peuple danois refuse le traité de Maastricht par référendum ; mais il y aura pire encore pour la crédibilité du gouvernement : le « mercredi noir » du 16 septembre 1992 où la Grande-Bretagne doit, en catastrophe, sortir la livre du système monétaire européen, qu'elle a rejoint un an auparavant.

Cette humiliation, suivie d'un budget d'austérité et d'augmentations d'impôts (alors que le gouvernement a promis de les réduire pendant la campagne électorale récente), sera fatale à l'autorité du Premier ministre dans le pays et dans son parti. Après cela, il lui faudra neuf mois de guérilla parlementaire harassante pour obtenir la ratification de Maastricht, même sous la forme édulcorée réservée à la Grande-Bretagne. Puis vient le temps des scandales (sleaze), financiers ou de mœurs, qui conduisent plusieurs ministres à la démission et entachent durablement l'image du parti. C'est donc un gouvernement à bout de souffle qui, malgré une tentative désespérée du Premier ministre pour reprendre ses troupes en main (en juin 1995, il démissionne inopinément de son poste de leader et [...]

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Écrit par :

  • : directeur de recherche honoraire au C.N.R.S., chercheur associé au Centre d'études et de recherches internationales

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Pour citer l’article

Jacques LERUEZ, « MAJOR JOHN (1943- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-major/