Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

MOUSTIER SITE PRÉHISTORIQUE DU, Dordogne

Premières fouilles et premières sépultures moustériennes

En 1863, Henry Christy et Édouard Lartet fouillent l'abri supérieur. Ils y trouvent des ossements de faune disparue et des objets lithiques, essentiellement des bifaces, des racloirs, des pointes. En 1869, ces outils de silex permettront à Gabriel de Mortillet de définir la culture moustérienne.

En 1907, Otto Hauser, un « antiquaire » suisse, détruit ce qui reste du remplissage archéologique de l'abri supérieur puis il découvre l'abri inférieur. En mars 1908, il y exhume quelques ossements du squelette d'un Néandertalien adolescent (Le Moustier 1). Il s'agit de la première sépulture primaire individuelle moustérienne trouvée en France. Mais, pour des raisons mercantiles, Hauser retarde l'annonce de sa découverte jusqu'en août, peu de jours après que les frères Bouyssonie eurent mis au jour la sépulture néandertalienne de La Chapelle-aux-Saints en Corrèze. Si le fossile corrézien sera donné au Muséum national d'histoire naturelle, Le Moustier 1 sera vendu au musée d'Ethnographie de Berlin en 1910 et presque intégralement détruit lors de son incendie à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

En 1910, Denis Peyrony, membre du ministère des Beaux-Arts et de l'Instruction publique, futur conservateur du musée de Préhistoire des Eyzies, loue des gisements préhistoriques de Dordogne afin de contrecarrer les activités de Hauser. Naturellement, il travaille aussi dans ces sites. Entre 1912 et 1914, il réalise les premières vraies fouilles scientifiques de l'abri inférieur du Moustier. Il en relève la stratigraphie avec beaucoup de détails et y définit une succession d'occupations moustériennes sous quelques niveaux du Paléolithique supérieur. Le 19 mai, Denis Peyrony trouve la tombe d'un très jeune enfant. Ce spécimen sera inventorié comme Le Moustier 2. Selon lui, les données archéologiques plaident en faveur d'une inhumation primaire individuelle intentionnelle. Il note précisément la forme de la fosse funéraire. Elle fait 40 centimètres de profondeur avec une ouverture en surface de forme ovalaire ayant un diamètre maximal de 50 centimètres. La fosse a été creusée à partir de la couche archéologique J, qui a livré du Moustérien typique, et elle traverse deux autres couches de couleurs différentes. En revanche, très peu d'informations sont fournies sur l'inhumé. Nous savons qu'il s'agit d'un nouveau-né mais nous ne connaissons pas sa position dans la tombe. En 1986, la couche J sera datée à 40 300 ± 2 600 ans.

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : directeur de recherche au CNRS, directeur du département de sciences archéologiques de l'université de Bordeaux

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Le Moustier, Dordogne

Le Moustier, Dordogne

Voir aussi