SIGILLOGRAPHIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Technique du sceau

Matériau dur gravé en creux, matériau tendre qui en reçoit l'empreinte, telle est la définition classique du sceau sous sa double forme, matrice et exemplaires identiques qui en sont issus.

Les types de matrices

À l'aube de toute civilisation se trouve le sceau ou, d'une façon plus générale, un signe matériel, tangible de l'engagement pris, du contrat conclu.

Bague-sceau, art minoen

Photographie : Bague-sceau, art minoen

Bague en or. Minoen récent. Vers 1500 avant J.-C. Ashmolean Museum, Oxford, Grande-Bretagne. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher

Bague-cachet, art mycénien

Photographie : Bague-cachet, art mycénien

Bague-cachet provenant d'une tombe à fosse de Mycènes. XVIe siècle avant J.-C. Or. Musée national, Athènes. 

Crédits : Bridgeman Images

Afficher

Le Moyen-Orient, creuset de la culture occidentale, employait le sceau de pierre au IVe millénaire avant J.-C., puis le cylindre-sceau et le cachet de métal. Les cylindres-sceaux étaient déroulés sur l'argile des tablettes ou sur les bords des enveloppes également d'argile pour les clore, pour établir l'origine et authentifier ce qui était consigné dans le texte.

Sceau-cylindre et son empreinte

Diaporama : Sceau-cylindre et son empreinte

ART DU PROCHE-ORIENT, période kassite, 1525-début du XIIe siècle avant J.-C., Sceau-cylindre et son empreinte : taureaux dressés contre des arbres, calcaire. Musée du Louvre, Paris. 

Crédits : Erich Lessing/ AKG

Afficher

La Bible contient le mot sceau maintes fois. Nulle part il n'est employé avec plus de poésie que dans le Cantique.

Les chatons des bagues-scarabées égyptiennes étaient gravés sur leur face interne et pouvaient pivoter sur leur axe pour servir de sceau.

Les Crétois scellaient également avec des cachets. Les potiers, dans une pratique voisine, marquaient leurs œuvres de textes en relief qu'ils imprimaient dans l'argile fraîche.

Les Romains héritèrent des Grecs, entre autres techniques artistiques, l'art de la glyptique : parfois des camées, en relief, ont été imprimés sur la cire en guise de sceaux.

Les chancelleries byzantines ont utilisé un appareil en forme de pince pour imprimer le plomb : ce métal a connu un grand succès, puisque la «  bulle » de plomb des papes a donné son nom au document, tandis qu'en français l'on dit encore « wagon plombé », « compteur plombé » pour scellé.

Les Mérovingiens, habiles à couler le métal et à travailler les bijoux, ont employé des « anneaux sigillaires » en or ou en bronze. L'exploration des tombes de cette époque en met fréquemment au jour.

Les Carolingiens, par fidélité à l'Antiquité classique, remirent en faveur la pierre gravée enchâssée dans une bague. Des études récentes montrent que ces pierres n'étaient pas toujours antiques : le Jupiter Sérapis de Charlemagne l'était peut-être ; les bustes de Charles le Chauve furent, au contraire, gravés par des artistes contemporains.

Lorsque le chaton de la bague s'amplifie, pour ne plus représenter seulement la tête ou le buste, mais le roi vu à mi-corps ou assis sur un trône, il se détache de l'anneau et devient en France, sous les premiers Capétiens, un sceau dans toute l'acception du terme. Ce sceau matrice est alors muni d'organes de préhension et de suspension. Soigneusement gardé pendant sa période d'utilisation, il est souvent détruit à la mort de son titulaire ou placé dans sa tombe.

Matière et forme des empreintes

L'argile, la cire, le plomb, exceptionnellement l'or, sont les matériaux employés depuis six mille ans. On ne saurait énumérer toutes les formes prises, pendant une si longue période et dans tant de pays, par les sceaux ; quelques exemples donneront une idée de leur variété. L'argile a servi pour sceller des jarres. La cire d'abeille a été utilisée pendant deux mille ans environ, jusqu'à ce que les résines végétales, venues d'Amérique, permettent la fabrication de la cire d'Espagne. Le plomb, dont l'emploi domine à Byzance et à la chancellerie pontificale, a été utilisé occasionnellement par des seigneurs et dignitaires ecclésiastiques méridionaux aux xiie et xiiie siècles.

Des sceaux d'or ont été frappés sous certains empereurs germaniques. Par contre, la célèbre bulle d'or d'Henri VIII d'Angleterre n'est pas à proprement parler un sceau ; il s'agit d'une œuvre d'orfèvrerie et non d'un exemplaire issu parmi d'autres d'une même matrice.

En France, du vie au xie siècle, les sceaux furent plaqués sur les papyrus ou sur les parchemins. En France, sporadiquement à partir de Louis VI le Gros (1108-1137) et de manière continue à partir de Louis VII, et un peu plus tard en Allemagne, les sceaux deviennent pendants. Les lacs de suspension sont d'abord de cuir « chromé », puis en soie, en parchemin ou en chanvre. À partir du xive siècle, les sceaux ou signets des particuliers sont de nouveau plaqués sur papier, de préférence au parchemin auquel ils adhèrent mal. L'usage des bagues cachets n'a pas entièrement disparu de nos jours.

Des services sigillographiques s'occupent dans nombre de pays de la protection, du moulage et de la restauration des sceaux. L'altération de ces fragiles monuments avec le temps est inévitable (ce qui justifie l'intérêt qu'ils suscitent) ; mais elle est heureusement fort lente. Il se [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Médias de l’article

Bague-sceau, art minoen

Bague-sceau, art minoen
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Bague-cachet, art mycénien

Bague-cachet, art mycénien
Crédits : Bridgeman Images

photographie

Sceau-cylindre et son empreinte

Sceau-cylindre et son empreinte
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie

Afficher les 3 médias de l'article


Écrit par :

Classification

Autres références

«  SIGILLOGRAPHIE  » est également traité dans :

GLYPTIQUE

  • Écrit par 
  • Mathilde AVISSEAU, 
  • Josèphe JACQUIOT
  •  • 5 316 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le Moyen Âge »  : […] L'art de la glyptique disparaît après les invasions germaniques du v e  siècle ; les Barbares transformèrent les gemmes en ex-voto qu'ils offraient aux églises. Les intailles païennes servirent à la décoration des croix, des châsses, des reliquaires, des calices et des ciboires, voire des vêtements sacerdotaux et des évangéliaires. En outre, elles conservèrent leur antique usage de sceaux : certa […] Lire la suite

HÉRALDIQUE

  • Écrit par 
  • Michel PASTOUREAU
  •  • 6 532 mots

Dans le chapitre « Histoire des armoiries »  : […] Les transformations subies par les armoiries entre le xii e et le xx e siècle rendent malaisé l'établissement d'une définition. La plus complète et la plus satisfaisante reste celle qu'a proposée Rémi Mathieu en 1946 ( Le Système héraldique français , p. 13) : « Les armoiries sont des emblèmes en couleurs, propres à une famille, à une communauté ou, plus rarement, à un individu, et soumis dans l […] Lire la suite

PERSE - Arts

  • Écrit par 
  • Pierre AMIET, 
  • Ernest WILL
  •  • 11 892 mots
  •  • 27 médias

Dans le chapitre « L'apogée de l'Élam »  : […] La seconde moitié du II e  millénaire vit l'apogée de la civilisation élamite et, en Iran du Nord, des bouleversements considérables qui préparaient l'entrée en scène des Iraniens appelés à donner leur nom au plateau. Cependant, cette époque dite médio-élamite doit désormais être divisée en trois périodes distinctes. Au xv e  siècle, la Susiane semble avoir été morcelée en plusieurs principautés, […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Yves METMAN, « SIGILLOGRAPHIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sigillographie/