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PROKOFIEV SERGE (1891-1953)

La période occidentale (1918-1932)

Serge Lifar et Lubov Tchernicheva

Serge Lifar et Lubov Tchernicheva

Les trois années de son séjour américain lui permettent de se faire connaître comme pianiste et comme compositeur. Son opéra L'Amour des trois oranges, d'après une fable de Carlo Gozzi, est créé à Chicago en 1921. À quelques mois d'intervalle, il présente dans la même ville son troisième concerto pour piano, l'une de ses œuvres les plus populaires, qui figure maintenant au répertoire de la plupart des pianistes. Mais c'est Paris qui l'attire, il y retrouve Diaghilev qui lui commande trois ballets (Chout, 1921 ; Le Pas d'acier, 1928 ; Le Fils prodigue, 1919) et Serge Koussevitzky qui avait édité ses premières œuvres en Russie. Koussevitzky vient de former à Paris un orchestre exceptionnel avec lequel il crée le premier concerto pour violon (1923) et la deuxième symphonie (1925) de Prokofiev. Plus tard, il lui commandera sa quatrième symphonie pour le cinquantième anniversaire de l'Orchestre symphonique de Boston (1930). En 1923, Prokofiev épouse une soprano espagnole, Lina Llubera, de son vrai nom Carlina Codina. Il se tourne alors vers le constructivisme (symphonie no 2, Le Pas d'acier), poussant l'utilisation d'une structure mécanique à son paroxysme, comme le fera Honegger dans Pacific 231.

Vers la fin des années 1920, Prokofiev commence à ressentir le besoin d'un retour en U.R.S.S. : il évolue dans un milieu auquel il n'a pas le sentiment d'appartenir, notamment les cercles d'émigrés russes, trop conservateurs à son gré. L'homme semble en quête perpétuelle d'un équilibre impossible à trouver. Un séjour dans les Alpes bavaroises lui permet de terminer son opéra L'Ange de feu. En 1927, il effectue un premier séjour en U.R.S.S. ; il y retourne deux ans plus tard, salué comme l'enfant prodigue. La mort de Diaghilev, en 1929, fait disparaître l'un des liens essentiels qui l'attachaient encore au monde occidental. Après une nouvelle tournée aux États-Unis, il compose ses deux derniers concertos pour piano. Le quatrième, pour la main gauche (1931), est refusé par son dédicataire, le pianiste autrichien manchot Paul Wittgenstein (à l'intention duquel Ravel avait également composé son Concerto pour la main gauche) ; le cinquième est une sorte de couronnement pour Prokofiev qui le crée lui-même avec l'Orchestre philharmonique de Berlin sous la direction de Wilhelm Furtwängler (1932). Quelques années plus tard, Sviatoslav Richter se fera le champion de cette œuvre, qu'il imposera en U.R.S.S.

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Écrit par

  • : chef d'orchestre, musicologue, producteur à Radio-France

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Prokofiev, Chostakovitch et Khatchatourian

Prokofiev, Chostakovitch et Khatchatourian

Serge Lifar et Lubov Tchernicheva

Serge Lifar et Lubov Tchernicheva

Autres références

  • MIASKOVSKI NIKOLAÏ IAKOVLEVITCH (1881-1950)

    • Écrit par Pierre-É. BARBIER
    • 953 mots

    Né à Novogueorguievsk, près de Varsovie, le 20 avril 1881, d'un père ingénieur militaire, Miaskovski était voué à suivre l'exemple paternel. Parallèlement à ses études au Collège des cadets de Nijni-Novgorod, puis à celui de Saint-Pétersbourg, il prend des cours de violon et de ...

  • PARLANT (CINÉMA) - (repères chronologiques)

    • Écrit par Michel CHION
    • 3 201 mots

    1899 États-Unis. The Astor Tramp, « picture song » de Thomas Edison. Bande filmée destinée à être accompagnée d'une chanson chantée en salle (derrière l'écran) par des artistes invités.

    1900 France. Présentation par Clément Maurice du Phono-Cinéma-Théâtre à l’'Exposition universelle....

  • PIANO

    • Écrit par Daniel MAGNE, Alain PÂRIS
    • 4 343 mots
    • 15 médias
    ...rythmes nouveaux, Stravinski propose un piano virtuose et percutant (Petrouchka) avant de se tourner vers un néoclassicisme formel (Sonate, Concertos).Prokofiev suivra son aîné sur le premier terrain, enrichissant son approche d'un lyrisme et d'un sens poétique profonds (9 sonates, 5 concertos).

Voir aussi