ESSENINE SERGE ALEXANDROVITCH (1895-1925)

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Troubles lendemains

Vient alors pour le poète une période de désarroi : la révolution n'a causé que guerre civile, misère, dictature. En 1921, la N.E.P. (nouvelle politique économique), retour du bourgeois, abat les dernières illusions. Revenir au passé ? Le passé est condamné. Blok se laisse mourir. Essenine exhale son désespoir dans les cabarets (la Stalle de Pégase, par exemple) avec les imagistes, à qui il s'est joint sans avoir rien à en apprendre, puisqu'il a lui-même écrit son traité des images, Les Clés de Marie. Il boit, fait esclandre sur esclandre, ruine sa santé. Mais il garde la fierté de son talent, il travaille, il produit des chefs-d'œuvre. Ainsi, dans La Confession d'un voyou, ce cri à l'adresse de ses parents :

Pauvres, pauvres paysans ! Ah, si vous compreniez ceci Que votre fils est en Russie Le plus excellent des poètes !

Dans La Quarantaine des morts, à propos d'un poulain qui voulait rivaliser de vitesse avec le train :

Cher insensé, cher ridicule !... Ne sait-il pas que les coursiers vivants Sont maintenant vaincus par les chevaux d'acier ?

Dans Pougatchev (1920), drame d'un lyrisme puissant, cette soif éperdue de vivre... « pour voir les souris sauter de joie dans l'eau, entendre les grenouilles chanter d'enthousiasme dans le puits ».

En 1922, Essenine court les palaces d'Europe et d'Amérique avec Isadora Duncan. Cette tournée scandaleuse l'amuse, mais ne lui rend pas le bonheur.

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Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur honoraire de russe à l'université de Paris-Sorbonne

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Pour citer l’article

Pierre PASCAL, « ESSENINE SERGE ALEXANDROVITCH - (1895-1925) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/serge-alexandrovitch-essenine/